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	<title>parentalité Archives -</title>
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		<title>La parentalité positive à l’aune des traditions africaines : élever avec amour, autorité et communauté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Oct 2026 23:29:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[châtiment corporel]]></category>
		<category><![CDATA[discipline]]></category>
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<h1 class="wp-block-heading has-background" style="background:linear-gradient(135deg,rgb(254,205,165) 74%,rgb(254,45,45) 86%,rgb(107,0,62) 100%)"><em><strong>Parentalité positive en Afrique : entre traditions séculaires et approches modernes, comment élever les enfants avec amour, autorité et communauté ? Cet article explore les liens entre la parentalité positive et les traditions éducatives africaines, en s&rsquo;appuyant sur la théorie de l&rsquo;attachement de John Bowlby. Découvrez comment l&rsquo;éducation communautaire, la transmission orale et la discipline bienveillante peuvent favoriser le bien-être de l&rsquo;enfant en Afrique, notamment au Bénin.</strong></em></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une cour commune à Cotonou, une fillette de sept ans renverse un bol de riz. Avant même que sa mère n’intervienne, une voisine l’aide à ramasser les grains, son grand frère d’une quinzaine d’années lui montre comment tenir le bol, et une grand-mère assise plus loin lui dit doucement : « <strong><em>Ne pleure pas, on va remplir à nouveau ton bol</em></strong> ». Aucun cri, aucune effusion de voix, aucun reproche, mais la leçon est passée. Cette scène banale et presque quotidienne dans les foyers africains résume ce que la parentalité positive cherche à mettre en pratique : une éducation fondée sur la bienveillance, la fermeté et le respect de l’enfant. Cette approche, que l’on croit parfois importée, trouve pourtant de profondes racines dans nos traditions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La parentalité positive&nbsp;: qu’est-ce que c’est&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On entend souvent parler de parentalité positive sans toujours en connaître les origines ni ce qu’elle implique réellement. Avant d&rsquo;en explorer les liens avec les traditions éducatives africaines, il est utile de revenir sur son origine et sur les principes qui la définissent.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Aux origines du concept</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les premières références à la parentalité positive remontent au début du XXe siècle à travers les travaux du psychologue autrichien Alfred Adler. Il fut d’ailleurs l’un des premiers à souligner l’importance de la relation parent- enfant. Il prônait une éducation basée sur la confiance et la coopération, plutôt que sur l’autorité et la domination du parent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1970, les travaux du psychiatre et psychanalyste britannique John Bowlby sur l’attachement viennent confirmer les théories d’Adler. Le britannique montre que les enfants ont besoin d’une relation d’attachement sécurisante avec leurs parents pour se développer de manière harmonieuse. Cette théorie a été renforcée par les travaux de Thomas Gordon sur l&rsquo;éducation efficace des parents, puis ceux de Marshall Rosenberg sur la Communication Non Violente. Cette approche de communication efficace peut être utilisée également dans la relation parent-enfant.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qu’est la parentalité positive</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La parentalité positive est un concept éducatif qui s’articule autour du respect, de la bienveillance et de l’écoute des enfants. La parentalité positive se définit comme un ensemble de pratiques éducatives fondées sur&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le respect des droits de l’enfant</strong> et de sa dignité</li>



<li><strong>La bienveillance</strong> sans permissivité</li>



<li><strong>La communication et l’écoute active</strong></li>



<li><strong>La discipline non violente</strong> (absence de châtiments corporels et d’humiliation)</li>



<li><strong>L’encouragement</strong> de l’autonomie et de la responsabilité</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le concept de parentalité positive ne concerne pas que les enfants. Cela concerne également les parents. En effet, la parentalité positive leur offre l’opportunité de s’écouter, de travailler sur eux-mêmes pour identifier les éléments déclencheurs de certaines réactions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement aux idées reçues, la parentalité positive ne repose pas sur une absence d’autorité. Elle propose plutôt une autorité juste, exercée de manière cohérente et appuyée par les explications, avec pour objectifs principal de guider l’enfant vers l’autodiscipline sans chercher à lui imposer une <strong>obéissance basée sur la peur</strong>. La parentalité positive trouve en réalité des résonances profondes dans les pratiques éducatives africaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les piliers de la parentalité traditionnelle africaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La parentalité africaine repose sur de nombreux piliers propres à la culture et aux réalités africaines.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’éducation communautaire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« <strong><em>Il faut tout un village pour élever un enfant</em></strong> ». Ce proverbe africain résume bien une réalité propre à l’éducation sur le continent. En Afrique traditionnelle, la parentalité n’est pas l’apanage exclusif des parents biologiques. D’ailleurs Sessi, 32 ans peut en témoigner : « <strong><em>J’ai grandi dans une cour commune. Et je me rappelle qu’il arrivait que les voisines me réprimandent ou me frappent quand je faisais une bêtise</em></strong> ». L’éducation communautaire en Afrique indique que les grands parents, les oncles, les tantes, les voisins et même les aînés participent activement à l’éducation d’un enfant. Cette pluriparentalité offre à l’enfant une certaine sécurité affective et plusieurs figures de référence.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La transmission par la parole</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Avant l’école moderne, l’éducation africaine reposait sur la sagesse orale : contes moraux, proverbes, devinettes et chants traditionnels. Ces pratiques orales servaient à transmettre les valeurs, les normes sociales, les compétences de vie. Par exemple, dans <strong><u>L’éducation traditionnelle en Afrique</u></strong> Bamby Diagne affirme : <em>« <strong>Le conte joue également, et ce, tout au long de la vie, un rôle prépondérant dans les sociétés traditionnelles. Notons que chez les Samburu du Kenya, traditionnellement les enfants étaient gardés par les grands-mères quand les parents étaient absents. Ces grands-mères jouaient avec les enfants et leur enseignaient des poèmes, chansons et autres contes. Ce système s’appelle lmwate, lmwate signifiant la clôture.</strong> »</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le respect des aînés et la hiérarchie générationnelle</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La tradition africaine accorde une place centrale au respect des aînés, représentant le socle même de l’ordre social. Très tôt, on apprend aux enfants à saluer, à céder la place aux aînés, à écouter sans interrompre. Cette discipline, même si elle tend parfois à sembler oppressive, participe à la structuration de la personnalité de l’enfant.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La discipline par l’exemple et la correction</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En général, dans les sociétés africaines, un aîné peut réprimander un enfant sans que cela soit perçu comme une ingérence. Pendant longtemps, frapper pour éduquer a été perçu comme normal, presque naturel. Une idée que soutient Madame Suzanne 48 ans, mère de 05 enfants « <strong><em>moi je continue de frapper mes enfants. D’ailleurs, nous on a grandis dans ce genre d’éducation, et cela ne nous a fait que du bien. Donc quand ils font des bêtises, je n’hésite pas à les corriger comme cela se doit</em></strong> » ? explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conception fait écho à celle de nombreux autres adultes africains et renvoie à une perception africaine simple&nbsp;: le châtiment corporel fait partie intégrante de l’éducation à l’africaine. Pourtant, les recherches contemporaines invitent à distinguer la fermeté de la violence. Si la correction est nécessaire à l&rsquo;éducation, elle peut s&rsquo;exercer par la parole, l&rsquo;exemple et la réparation, sans atteinte à la dignité de l&rsquo;enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si la parentalité positive et les traditions africaines partagent des valeurs communes, leur articulation demande néanmoins de dépasser certaines pratiques héritées et d&rsquo;en revoir d&rsquo;autres, plus conformes au bien-être de l&rsquo;enfant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment conjuguer le meilleur des deux pratiques éducatives pour le bien-être de l’enfant&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Conjuguer les apports de la théorie de l&rsquo;attachement de John Bowlby avec les richesses des traditions éducatives africaines est essentielle pour construire une parentalité adaptée aux réalités contemporaines. Plusieurs recherches menées en Afrique subsaharienne confirment que les pratiques parentales « positives » produisent des effets sur le bien-être de l&rsquo;enfant. Il devient essentiel de conjuguer les deux pratiques pour en tirer le meilleur pour l’enfant à travers diverses actions simples.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Allier attachement sécure pluriparentalité africaine</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ses travaux sur l’attachement, le psychologue britannique John Bowlby a défendu l’idée selon laquelle l’enfant s’attacherait principalement à une seule figure familiale&nbsp;: généralement la mère. Cette conception a été plus tard remise en question par de nombreuses autres recherches qui viennent rejoindre l’idée du «&nbsp;<strong>village éducatif</strong>&nbsp;»&nbsp;dans la tradition africaine. Gottlieb vient renforcer cette idée dans son <a href="periodicos.cerradopub.com">étude</a> sur l’attachement interculturel en affirmant que «&nbsp;<strong><em>L&rsquo;enfant appartient à toute la communauté. Chaque adulte est un potentiel caregiver, une potentielle base de sécurité.</em></strong><em>&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Il s’agit désormais d’offrir à l’enfant des figures stables et aimantes auxquelles il pourra s’attacher de manière saine. Au Bénin, l&rsquo;enfant est traditionnellement confié à une grand-mère, une tante ou une voisine de confiance pour des périodes variables. Cette pratique, loin de créer de l&rsquo;insécurité, élargit le cercle des « bases de sécurité » de l&rsquo;enfant.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Abandonner le châtiment corporel sans renoncer à l’autorité</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs recherches montrent clairement que les châtiments corporels nuisent au développement des fonctions exécutives de l’enfant. Une autre <a href="https://www.mcgill.ca/channels/fr/news/sans-ch%C3%A2timent-corporel-les-enfants-se-d%C3%A9veloppent-mieux-176105">étude</a> menée dans deux écoles privées d’Afrique de l’Ouest a révélé que les enfants soumis aux châtiments corporels réussissent moins bien ces tâches cognitives que ceux bénéficiant de mesures disciplinaires plus douces comme&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La correction respectueuse par un aîné sans humiliation,</li>



<li>Le retrait temporaire d’attention,</li>



<li>La réparation symbolique à travers l’excuse ou un geste de réparation</li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img fetchpriority="high" width="684" height="1024"  alt="" class="wp-image-457" style="width:572px;height:auto"/ loading="eager" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/10/pexels-kseniachernaya-7302897-684x1024.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/10/pexels-kseniachernaya-7302897-684x1024.jpg 684w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/10/pexels-kseniachernaya-7302897-200x300.jpg 200w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/10/pexels-kseniachernaya-7302897-768x1151.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/10/pexels-kseniachernaya-7302897-1025x1536.jpg 1025w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/10/pexels-kseniachernaya-7302897-1367x2048.jpg 1367w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/10/pexels-kseniachernaya-7302897-1320x1978.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/10/pexels-kseniachernaya-7302897-scaled.jpg 1709w" sizes="(max-width: 684px) 100vw, 684px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Faire participer activement les pères</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les <a href="https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-3-031-99629-0_3?">données</a> UNICEF-MICS portant sur 90 397 familles dans 25 pays africains (dont le Bénin) montrent que les mères devancent largement les pères dans l&rsquo;engagement dans le jeu avec les enfants. Pourtant, de nombreuses recherches confirment l’impact positif de l’implication paternelle dans les interactions ludiques sur les compétences cognitives et sociales des enfants. La perception africaine à faire du père le guide et le protecteur peut aller au-delà de ces considérations sociales. Il s’agirait par exemple de faire participer les pères à des activités du quotidien comme le bain, la prise de médicament, le rituel du coucher, les activités ludiques ou autres moments du quotidien.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conjuguer sensibilité et discipline structurante</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la théorie de l’attachement de Bowlby, ce n’est pas la quantité de temps passé avec un enfant qui compte mais plutôt la manière dont on répond à ses besoins (faim, attention, peur, contact, inconfort, incompréhension, colère…). On peut adapter cette pratique au contexte africain en apportant une explication claire sur les conséquences d’un acte posé par l’enfant, par exemple, une correction respectueuse de sa dignité et en lui apprenant à poser des actes de réparation symbolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La parentalité positive n&rsquo;est donc pas une mode venue d&rsquo;ailleurs, ni une remise en cause de l&rsquo;autorité parentale. Elle propose de réinterroger les pratiques éducatives à la lumière du bien-être de l&rsquo;enfant, en gardant ce que les traditions africaines ont de plus précieux : la chaleur du lien communautaire, la force de la parole, le respect des aînés et la transmission des valeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Élever un enfant avec amour, autorité et communauté, c&rsquo;est précisément ce que les familles africaines ont toujours cherché à faire. Il s&rsquo;agit aujourd&rsquo;hui de le faire en abandonnant les violences qui blessent, pour privilégier une discipline qui éduque, une écoute qui sécurise et une autorité qui guide. Car un enfant qui grandit dans la sécurité affective, entouré de figures stables et bienveillantes, devient plus facilement un adulte confiant, responsable et solidaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Camariath A.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><u>Sources</u></strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Bowlby, J., <em>Attachment and Loss, Vol. 1: Attachment</em>, 1969.</li>



<li>Kougbéagbede, « Pratique de la discipline positive comme alternative à la punition dans l&rsquo;éducation parentale à Cotonou », <em>RETSSA</em>, 2019.</li>



<li>Leguy, C. (dir.), <em>La parentalité en Afrique de l&rsquo;Ouest et du Centre</em>, IRD/LARTES-IFAN, 2018.</li>



<li>Talwar, Carlson et Lee, étude sur les châtiments corporels et les fonctions exécutives en Afrique de l&rsquo;Ouest, Université McGill.</li>



<li>Roopnarine et al., données UNICEF-MICS sur l&rsquo;engagement parental en Afrique subsaharienne.</li>
</ul>



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