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	<title>DROIT Archives -</title>
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	<title>DROIT Archives -</title>
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		<title>Gratuité scolaire en Afrique : entre promesses et réalités (3/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 18:56:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique et politiques publiques]]></category>
		<category><![CDATA[Scolarité et formation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la partie 1, on a montré les résultats concrets de la gratuité scolaire : plus d&#8217;enfants à l&#8217;école, plus de filles scolarisées, moins d&#8217;abandons. Dans la partie 2, on a vu ce qu&#8217;elle ne couvre pas : les coûts qui restent à la charge des familles. Cette partie 3 s&#8217;attaque à un autre problème [&#8230;]</p>
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<p class="has-pale-ocean-gradient-background has-background wp-block-paragraph">Dans la partie 1, on a montré les résultats concrets de la gratuité scolaire : plus d&rsquo;enfants à l&rsquo;école, plus de filles scolarisées, moins d&rsquo;abandons. Dans la partie 2, on a vu ce qu&rsquo;elle ne couvre pas : les coûts qui restent à la charge des familles. Cette partie 3 s&rsquo;attaque à un autre problème : les effectifs qui explosent pendant que les systèmes éducatifs peinent à suivre. Classes surchargées, enseignants en nombre insuffisant, infrastructures dépassées et insuffisantes, avec un effet direct sur ce que les enfants apprennent réellement à l&rsquo;école mais aussi sur les conditions d&rsquo;apprentissage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La gratuité scolaire en Afrique&nbsp;: les retombées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des résultats obtenus sur l’accès des enfants à l’école, l’indice de parité filles-garçons à l’école ou encore sur la réduction du taux d’abandon scolaire et des coûts persistants pour les familles, la scolarisation gratuite a eu des retombées notables sur le système scolaire dans de nombreux pays.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les classes prises d’assaut</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des retombées directes de la scolarisation gratuite réside dans le bond spectaculaire des effectifs au niveau des classes concernées par la mesure. En effet, l’extension rapide de la gratuité a souvent dépassé les capacités d’absorption des systèmes éducatifs.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le Ghana et le double-track system</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Au Ghana, le programme Free Senior High School (Free SHS) lancé en 2017 a entraîné une augmentation spectaculaire des effectifs, avec des ratios élèves-enseignant allant au-delà de 60&nbsp;:1 et parfois même 70&nbsp;:1 dans certaines écoles. En raison de ces effectifs, les élèves suivent les ours parfois en double shift (matin/après-midi). Dans un <a href="A%20social%20equity%20informed%20SWOT%20analysis%20of%20Ghana’s%20Free%20Senior%20High%20School%20policy%20from%202017%20to%202025%20|%20Discover%20Education%20|%20Springer%20Nature%20Link">article</a> de Mohammed Gunu Ibrahim, publié dans <em>Discover Education</em> en mars 2026, l’auteur indique que «&nbsp;<strong><em>face à l’augmentation rapide du nombre d’élèves, le Ghana a introduit le double-track system</em></strong>&nbsp;». Il s’agit d’un système consistant à faire fonctionner les établissements selon différents groupes/calendriers afin d’absorber d’avantage d’élèves avec les infrastructures existantes. Mais cette solution a tout de même eu des conséquences non négligeables&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la réduction du temps de contact entre les enseignants et les élèves,</li>



<li>la perturbation de la continuité pédagogique,</li>



<li>la pression doublée sur les enseignants et les élèves</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">A l’instar du Ghana, de nombreux autres pays africains ont connu une explosion des effectifs après l’annonce de la mesure de la gratuité. Mais l’augmentation très rapide du nombre d’élèves a créé des tensions importantes sur le système éducatif dans l’ensemble des pays concernés par cette réforme.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une pénurie d’enseignants et la dégradation des conditions de travail</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La gratuité à travers l’explosion des effectifs, a accru la demande enseignants. Toutefois, les recrutements et la formation n’ont pas suivis. On assiste alors à des ratios élèves-enseignants très élevés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Ouganda et en Tanzanie, les effectifs sont passés respectivement de 2,7 millions en 1996 à 5,3 millions en 1997 et de 4,8 millions en 2001 à 7,8 millions en 2007. En Ouganda, cette augmentation a notamment conduit à des classes de 80 à 100 élèves avec un seul enseignant. Certains établissements ont dû mettre en place un système de rotation pour gérer la surcharge. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Un système éducatif sous tension</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour combler le déficit souvent criant d’enseignants, certains pays ont effectués des recrutements en urgence pour combler les postes vacants. En Tanzanie, l&rsquo;augmentation rapide des inscriptions liée à la gratuité de l&rsquo;éducation n&rsquo;a pas été accompagnée d&rsquo;un recrutement proportionnel d&rsquo;enseignants. Dans les écoles étudiées à Dodoma dans le cadre d’une étude portant justement <a href="https://www.ijasr.org/paper/68cd1c0d3d7a7.pdf">sur les challenges face à l’implémentation de l’éducation gratuite dans les écoles primaires de Dodoma en Tanzanie</a>, cette situation a entraîné une forte détérioration du ratio élèves/enseignant et une surcharge de travail pour les enseignants. L&rsquo;étude recommande ainsi de renforcer le recrutement afin d&rsquo;absorber la croissance des effectifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour gérer la charge de travail accrue avec les effectifs, les devoirs scolaires sont réduits et les évaluations simplifiées ; ce qui affaiblit grandement l’apprentissage des enfants.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" width="1024" height="683"  alt="" class="wp-image-443"/ loading="eager" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-1024x683.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-1024x683.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-300x200.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-768x512.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-1536x1024.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-2048x1365.jpg 2048w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-1320x880.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">L’insuffisance des infrastructures et le manque de matériel pédagogique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans de nombreux pays, la réforme de la gratuité n’a pas été accompagnée d’investissements proportionnels en infrastructures et en équipements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, au Ghana, les dortoirs du secondaire accueillent parfois trois élèves par lit initialement prévu pour deux. En Tanzanie, de nombreuses écoles ont dû construire des salles de classes en matériaux temporaires ou encore utiliser les espaces extérieurs pour absorber les nouveaux élèves. De même, de part et d’autre, les toilettes, les cantines ou encore les bibliothèques se révèlent insuffisants avec des ratios de 100 élèves par toilettes dans certaines écoles des zones rurales. Un rapport de la Banque Mondiale datant de 2024 indique qu’en Tanzanie «&nbsp;<strong><em>l’abolition des frais fonctionnent souvent sans bureaux suffisants, ce qui pousse les élèves à s’asseoir par terre ou à partager des places limitées&nbsp;</em></strong>».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" width="683" height="1024"  alt="" class="wp-image-442" style="aspect-ratio:0.6669925284547169;width:632px;height:auto"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-683x1024.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-683x1024.jpg 683w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-200x300.jpg 200w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-768x1152.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-1024x1536.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-1365x2048.jpg 1365w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-1320x1980.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-scaled.jpg 1707w" sizes="auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Un <a href="file:///C:/Users/Lenovo%20T470s/Downloads/46.pdf">rapport</a> portant sur l’impact de la politique de la gratuité de l’éducation en Afrique de l’Est   indique des « <strong><em>pénuries chroniques de manuels scolaires et de fournitures pédagogiques, particulièrement dans les établissements ruraux et périurbains</em></strong> ». Parfois, un manuel est partagé par 5 ou 10 élèves à la fois. Cette réalité oblige parfois les enseignants à improviser des supports pédagogiques ou à simplement réduire le contenu enseigné.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La pauvreté des apprentissages</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La stagnation ou le déclin des résultats d’apprentissage au niveau des enfants est la suite logique des conséquences citées plus haut. Les enfants sont « <strong><em>peu enseignés »</em></strong> en raison de la réduction du temps d’instruction, des feedback individuels et du soutien aux enfants en difficulté, indique une étude intitulée <strong><u><a href="https://www.mdpi.com/2071-1050/16/7/2657">Barriers and Challenges Affecting Quality Education (Sustainable Development Goal #4) in Sub-Saharan Africa by 2030</a>.</u></strong> Une autre <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/dvr2.70053">étude</a> informe qu’en Afrique subsaharienne, « <strong><em>88% des enfants sont en situation de pauvreté des apprentissages</em></strong> » ; c’est-à-dire que ces enfants sont « <strong><em>incapables de lire et de comprendre un texte simple à 10 ans</em></strong> ». Au Cameroun, ce taux atteint <a href="https://awakendestiny.org/fr/publications/education-cameroun-etat-des-lieux-2026">72%</a> dans le primaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les effectifs trop grands pour les salles de classe rendent impossible d’apprentissage et saturent l’enseignant qui devient incapable d’assurer un réel suivi et d’apporter suffisamment de soutien à chaque élève. Le redoublement utilisé comme solution palliative ne règle rien finalement. Au contraire, cette option augmente les coûts, crée du découragement chez les enfants sans pour autant améliorer les résultats.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les tensions financières et une plus forte dépendance aux bailleurs</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La politique de la gratuité est en réalité soutenue par les états, ce qui accroît la pression budgétaire au niveau de ces derniers. Au Ghana par exemple, un <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s44217-026-01354-8?">article</a> de <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s44217-026-01354-8?#auth-Mohammed_Gunu-Ibrahim-Aff1">Mohammed Gunu Ibrahim</a>&nbsp; révèle que le programme Free SHS représente 2 à 3% du PIB par an. Ce qui est quand même une part considérable du budget national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, de nombreux pays sont dans l’incapacité de financer à eux seuls la gratuité scolaire sans aide extérieure. Ils sont souvent obligés de faire appels à des partenaires financiers comme la Banque mondiale, l’UNESCO ou encore à des partenaires bilatéraux. Cette dépendance rend les programmes vulnérables aux changements de priorités des donateurs et aux fluctuations de l’aide internationale. En RDC, le projet PERSE/EESSE pour soutenir la scolarisation gratuite dans le pays a mobilisé 800 millions de dollars de la Banque mondiale.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les autres conséquences</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il est indéniable que la gratuité de l’enseignement en Afrique a permis des avancées historiques en matière d’accès à l’éducation, avec des millions d’enfants supplémentaires scolarisés, en particulier les filles mais aussi les enfants issus des milieux défavorisés. Cependant, cette réussite quantitative masque encore les nombreux défis structurels majeurs qui menacent la durabilité et l’équité des systèmes éducatifs. Les vulnérabilités politiques et économiques représentent également un défi majeur. En effet, les crises budgétaires, les ajustements économiques ou encore les alternances de gouvernement peuvent remettre en cause la continuité des programmes ou les réajuster comme observé au Ghana en <a href="https://www.modernghana.com/news/1527780/the-politics-of-a-free-desk-how-free-shs-became.html">2024</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la gratuité officielle, les abandons scolaires se sont multipliés et ont même augmenté dans certaines régions. Les raisons de cette réalité sont liées aux coûts indirects souvent trop lourds pour les familles. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une gratuité scolaire durable et équitable en Afrique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour que la gratuité scolaire ne reste pas un simple mirage et porte réellement des fruits, plusieurs réformes sont actuellement nécessaires.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’augmentation du financement public de l’éducation pour atteindre au moins 20% du budget national come proposé par l’<a href="https://www.unesco.org/gem-report/en/docs/2023-education-and-gender-equality">UNESCO</a>.</li>



<li>Le recrutement et la formation des enseignants qualifiés avec des primes incitatives</li>



<li>La <a href="https://research.unilus.ac.zm/server/api/core/bitstreams/e1cc7d58-f371-4cc4-8d0c-35bd4c7ba65c/content">mise à disposition d’infrastructures de qualité</a> (salles de classe, toilettes, cantines, bibliothèques.) pour absorber la croissance des effectifs et garantir des conditions d’apprentissage décentes.</li>



<li>La fourniture gratuite des manuels et des fournitures aux élèves</li>



<li>La mise en place de bourses ciblées pour les enfants issus de milieux défavorisés, les filles et les enfants en situation de handicap</li>



<li>Le renforcement de la gouvernance et la transparence pour contrer les systèmes de fraude, détournement et autres</li>



<li>Le suivi des apprentissages avec des évaluations à intervalles régulières.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, la gratuité en Afrique représente un moyen au service d’un objectif à la fois noble et essentielle au développement du continent&nbsp;: garantir à chaque enfant, un accès réel à une éducation de qualité, inclusive et porteuse d’opportunités. Cependant, sans réformes structurelles fortes et ambitieuses, les promesses et les engagements de 2000-2026 ne resteront qu’à l’état de promesses pendant que les inégalités continueront de se creuser davantage. En 2026, l’enjeu n’est plus seulement d’inscrire les enfants à l’école, mais de les y maintenir et surtout, de les y faire apprendre et de leur offrir à travers l’éducation un avenir digne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>O. Marthe Carmelle OKOUMASSOUN</strong></p>
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		<title>Gratuité scolaire en Afrique : entre promesses et réalités (2/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Sep 2026 13:59:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique et politiques publiques]]></category>
		<category><![CDATA[Scolarité et formation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la partie 1, on vous a montré les résultats concrets de la gratuité scolaire : plus d&#8217;un million d&#8217;enfants à l&#8217;école au Kenya, des millions d&#8217;élèves de plus en RDC, une parité filles-garçons en nette progression. Mais la gratuité affichée dans les textes ne se traduit pas toujours par une gratuité vécue dans les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-vivid-cyan-blue-color has-pale-ocean-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-2 wp-block-paragraph">Dans la partie 1, on vous a montré les résultats concrets de la gratuité scolaire : plus d&rsquo;un million d&rsquo;enfants à l&rsquo;école au Kenya, des millions d&rsquo;élèves de plus en RDC, une parité filles-garçons en nette progression. Mais la gratuité affichée dans les textes ne se traduit pas toujours par une gratuité vécue dans les foyers. Dans cette partie 2, on vous montre ce qu&rsquo;elle ne couvre pas et les coûts qui continuent de peser sur les familles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les limites de la gratuité scolaire&nbsp;: ce qu’elle ne couvre pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est indéniable que la gratuité a des résultats évidents sur l’accès des enfants à l’école. Néanmoins, la suppression des frais de scolarité au primaire comme au secondaire dans certains pays reste insuffisant pour assurer une entière gratuité de l’école pour les familles. Cette mesure, quoique salvatrice pour des milliers de familles dans de nombreux pays, ne supprime malheureusement pas tous les obstacles financiers, sociaux, et structurels. En témoignent les réalités dans certains pays africains.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="768"  alt="" class="wp-image-423"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1024x768.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1024x768.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-300x225.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-768x576.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1536x1152.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-2048x1536.jpg 2048w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1320x990.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Au Libéria</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au Libéria, avant l’instauration en 2011 de la gratuité obligatoire du primaire à la 9<sup>e</sup> année à travers <strong>l’Education Reform Act</strong>, l’accès à l’école était un réel défi pour les enfants libériens qui, fautes de moyens financiers, commençaient souvent l’école très tard. Cependant, malgré la gratuité, de nombreuses écoles publiques continuent de percevoir des frais d’inscription obligatoires et d’autres contributions informelles. Ces coûts «&nbsp;<strong><em>rendent souvent la scolarisation inaccessible ou engendrent de graves difficultés</em></strong>&nbsp;» affirme Human Rights Watch dans <strong><em><u>Without Education, There Will Be Nothing” School Fees and other Barriers to Education in Liberia</u>.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les coûts supplémentaires peuvent s’étendre jusqu’à 40 dollars par enfant chaque année. Ce montant exclut déjà d’office les ménages plus pauvres. Heureusement, en Août 2026, le gouvernement libérien prend à corps le problème en annonçant une nouvelle mesure visant à renforcer la gratuité de 2011. Ainsi, désormais, tous les frais d’inscription dans m’ensemble des écoles publiques à compter de l’année scolaire 2026-2027 seront supprimés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="684"  alt="" class="wp-image-425"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-1024x684.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-1024x684.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-300x200.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-768x513.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-1536x1025.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-2048x1367.jpg 2048w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-1320x881.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Au Kenya</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de la gratuité instaurée en 2003 et qui a eut des résultats spectaculaires en matière d’accès à l’école, de réduction du taux d’abandon scolaire et autres, la réalité pour les familles reste quelque peu nuancée. En effet, les ménages kenyans continuent de payer des frais supplémentaires qui finalement s’avèrent non négligeables et difficiles en particulier pour les familles pauvres en particulier dans les zones rurales. Humanium dans un rapport publié en 2024 et intitulé &nbsp;<a href="https://www.humanium.org/en/how-free-is-public-education-the-hidden-costs-of-free-education-in-kenya/">How ‘free’ is public education ? The hidden costs of free education in Kenya</a>&nbsp; indiquait que plusieurs conjonctures liées notamment à l’économie et aux infrastructures éducatives ont permis «&nbsp;<strong><em>aux écoles de trouver des moyens de faire peser les coûts sur les enfants et leurs familles</em></strong>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les coûts supplémentaires sont en réalité des frais cruciaux et essentiels concernant notamment&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les frais d’inscription</li>



<li>Le matériel scolaire (uniformes, papeterie, manuels scolaires, cahiers d’exercice…)</li>



<li>Les activités extrascolaires (les sorties scolaires, les activités pratiques…)</li>



<li>Les frais d’examen ;</li>



<li>Les coûts pratiques y compris le transport</li>



<li>L’hébergement et la subsistance pour les externes et/ou les internes</li>



<li>Les soins de santé en cas de maladie ou de blessure à l’école.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Une <a href="https://khrc.or.ke/author/elimu-bora-working-group/">enquête</a> menée en 2025 par l’<strong>Elimu Yetu Coalition</strong> et le <strong>Kenya Human Rights Commission (KHRC)</strong> révèle que&nbsp;: les frais supplémentaires sont particulièrement élevés dans les zones urbaines et peuvent varier de 500 à 25000 shillings kenyanes (KSh) par enfant, soit environ 2500 à 110&nbsp;000 fcfa. Ces coûts peuvent être encore plus coûteux dans l’enseignement secondaire où les matières et les activités scolaires sont plus nombreuses.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="682"  alt="" class="wp-image-434"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-1024x682.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-1024x682.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-300x200.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-768x512.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-1536x1024.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-2048x1365.jpg 2048w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-1320x880.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Au Cameroun</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis février 2001, le Cameroun a officiellement instauré la gratuité au niveau de l’enseignement primaire public par décret présidentiel pour la rentrée scolaire 2000-2001. Seulement comme au Kenya ou encore au Libéria et dans de nombreux autres pays africains, les coûts supplémentaires restent encore d’actualité et représentent de gros défis pour les familles. Rien que pour l’inscription, les frais peuvent varier entre 20&nbsp;000 et 32&nbsp;500 FCFA par enfant en fonction des écoles et des régions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, un décret signé dans la même année que celui de la gratuité, relatif au versement des frais d’Association des Parents d’Elèves et Enseignants APEE. Ces frais oscillent entre 2000 et 12&nbsp;000 fcfa par enfant par an. Ces frais sont censés couvrir les besoins de l’enseignement non couverts par l’Etat&nbsp;: les craies, les produits d’entretien les petites réparations et autres. En réalité, les APEE «&nbsp;plombent la gratuité de l&rsquo;école primaire décrétée depuis février 2001 par le Président de la République&nbsp;» indique le site d’information <a href="https://fr.allafrica.com/stories/202310090340.html">allAfrica</a>. &nbsp;Selon une <a href="The%20Protection%20of%20the%20Rights%20of%20the%20Child%20to%20Education%20in%20Cameroon:%20A%20Legal%20Perspective.">étude</a>, les ménages camerounais supportent ainsi 43% des dépenses totales d’éducation primaire à travers les cotisations APEE et les fournitures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des constats similaires sont documentés au Malawi, ou encore en République Démocratique du Congo RDC. Finalement, la gratuité des frais de scolarité ne suffit pas à rendre l’école financièrement accessible&nbsp;; en particulier pour les familles pauvres. Pour ces dernières, financer les besoins élémentaires liées à l’achat des uniformes, des livres, cahiers et manuels scolaires, ou encore assurer la nourriture et le transport représentent de véritables défis. En conséquence, certains enfants fréquentent l’école de manière irrégulière ou abandonnent leur scolarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, la gratuité, au-delà de son aspect partiel et des nombreuses retombées qu’elle peut avoir, crée des problèmes et accentue des réalités rendant encore plus difficile l’instruction pour les enfants.</p>
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		<title>Gratuité scolaire en Afrique : entre promesses et réalités (1/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 00:37:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique et politiques publiques]]></category>
		<category><![CDATA[Scolarité et formation]]></category>
		<category><![CDATA[DROIT]]></category>
		<category><![CDATA[EDUCATION]]></category>
		<category><![CDATA[ENFANT]]></category>
		<category><![CDATA[Kenya]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’éducation est un droit fondamental reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Pourtant, en Afrique, ce droit reste encore un combat du quotidien pour des millions d’enfants exclus du système scolaire. Cette exclusion est liée à de nombreux facteurs variant d’un pays à un autre. Toutefois, la raison qui revient souvent est celle [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph">L’éducation est un droit fondamental reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Pourtant, en Afrique, ce droit reste encore un combat du quotidien pour des millions d’enfants exclus du système scolaire. Cette exclusion est liée à de nombreux facteurs variant d’un pays à un autre. Toutefois, la raison qui revient souvent est celle liée aux coûts directs et indirects que les familles doivent assumer, souvent avec difficulté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement, à travers la Stratégie Continentale de l’Education de l’Union Africaine, la gratuité scolaire a été explicitement reconnue et intégrée comme un levier fondamental pour garantir l’inclusion et l’équité. Une annonce relayée et mise en place par de nombreux pays signataires de ladite stratégie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais dans les faits, la gratuité affichée dans les textes et celle vécue par les familles ne se recoupent pas toujours.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gratuité scolaire en Afrique&nbsp;: que dit la Stratégie Continentale de l’éducation de l’Union Africaine&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://au.int/sites/default/files/newsevents/workingdocuments/33178-wd-cesa_-_french_-final.pdf">Stratégie continentale de l’éducation pour l’Afrique</a> (CESA) adoptée par l’Union africaine en 2016 pour la décennie 2016-2025 a pour but de transformer les systèmes éducatifs et de formation en Afrique. Elle intègre plusieurs aspects essentiels dont la gratuité scolaire. Dans ce sens, il s’agit pour les états signataires de parvenir d’ici 2025 à douze (12) années d’enseignement primaire et secondaires gratuites pour chaque enfant avec au moins une (01) année de préscolaire elle aussi gratuite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette décision s’appuie principalement sur l&rsquo;article 28 de la Convention relative aux droits de l&rsquo;enfant et sur l&rsquo;article 11 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l&rsquo;enfant, qui font tous deux de l&rsquo;éducation de base gratuite et obligatoire une obligation pour les États. Pour la CESA 2026-2025, la réforme a été reconduite et l’objectif élargi. Même si la mesure reste commune, son application reste individuelle à chaque état membre. C’est en partie ce qui explique les écarts observés d’un pays à l’autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’application de la gratuité scolaire en Afrique&nbsp;: résultats obtenus</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’application de la suppression des frais de scolarité en Afrique a eu dans de nombreux pays, des résultats visibles, voire spectaculaires.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="683"  alt="" class="wp-image-428"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-1024x683.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-1024x683.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-300x200.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-768x512.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-1536x1024.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-2048x1365.jpg 2048w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-1320x880.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Kenya&nbsp;: la gratuité à travers le ‘’Free Primary Education’’ FPE</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Instauré en 2003, Le FPE a pour but de rendre l’école accessible aux enfants issus des familles pauvres et aux populations historiquement défavorisées. Avant cette réforme, les frais de scolarité représentaient un obstacle important à la scolarisation de nombreux enfants. Cette mesure rendant gratuite la scolarité au primaire, a entraîné l’arrivée de « <strong><em>plus d’un million de nouveaux élèves se sont présentés dans les écoles primaires publiques du Kenya</em></strong> » indiquent les auteurs de <a href="https://books.openedition.org/africae/2054">Le Kenya en marche 2000-2020 </a>». Aussi, elle a permis de réduire le taux d’abandon scolaire la faisant passer de 4,9% en 1999 à 2% en 2003.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mesure étendue 05 ans plus tard au secondaire, couplée à de nombreuses autres réformes dans le secteur comme au <a href="https://sentinelle-enfance.com/le-droit-a-leducation-de-lenfant-et-lobligation-scolaire-au-benin-etat-des-lieux/">Bénin</a> d’ailleurs, ont permis au Kenya de figurer au nombre des pays africains avec les meilleurs indices de parité de la région avec autour de 94 à 98 filles scolarisées pour 100 garçons. Le pays avait également en 2012 un taux officiel de scolarisation net de 81,8% dans le primaire et de 50% dans le secondaire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="768"  alt="" class="wp-image-423"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1024x768.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1024x768.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-300x225.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-768x576.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1536x1152.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-2048x1536.jpg 2048w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1320x990.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">La RDC soutenue par la Banque Mondiale</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En République Démocratique du Congo instaure  la gratuité de l’enseignement primaire public en 2019. La Banque Mondiale soutien l&rsquo;initiative à travers le projet PERSE/EESSE. Ainsi, ladite réforme a permis d’accroitre les effectifs dans les écoles. Selon le ministère de l’Education, le nombre d’élèves inscrits dans les écoles publiques est passé de <strong>14,2 millions en 2018–2019</strong> à <strong>17,9 millions en 2020–2021</strong>, soit <strong>+3,7 millions d’élèves supplémentaires</strong> en deux ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La gratuité a particulièrement bénéficiée aux filles et aux enfants issus de ménages défavorisés. Selon l’<a href="https://acp.cd/province/gratuite-de-lenseignement-au-kasai-central-augmentation-des-filles-observee-dans-deux-ecoles/">Agence Congolaise de Presse</a> ACP, «&nbsp;<strong><em>la gratuité de l’enseignement de base a contribué à l’augmentation des effectifs des filles</em></strong> »&nbsp;dans certaines écoles primaires du Kasaï Central. À l’échelle nationale, la parité filles-garçons a été atteinte en termes de taux brut et net de scolarisation dans le primaire, les filles ayant « <strong><em>rattrapé</em></strong> » les garçons grâce à la suppression des frais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des résultats semblables sont observés notamment au Cameroun, en Tanzanie ou encore au Malawi. Quoiqu’on en dise, la gratuité dans l’enseignement aussi bien primaire que secondaire a des retombées positives. Toutefois, ces retombées connaissent de réelles limites dans l’application de la mesure elle-même et crée d’autres problèmes dans l’enseignement.</p>
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		<title>Exploitation sexuelle des enfants : une urgence mondiale, une responsabilité africaine (2/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Sep 2026 07:38:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits et protection de l'enfant]]></category>
		<category><![CDATA[abus sexuels]]></category>
		<category><![CDATA[DROIT]]></category>
		<category><![CDATA[ENFANT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le cadre juridique face au phénomène Dans le premier volet de ce dossier, nous sommes revenus sur la définition de l&#8217;exploitation sexuelle des enfants et sur les différentes formes qu&#8217;elle prend, des réseaux de traite aux dérives permises par les nouvelles technologies. Place aujourd&#8217;hui aux réponses juridiques que l&#8217;Afrique a construites, au fil des décennies, [&#8230;]</p>
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<h1 class="wp-block-heading has-background" style="background:linear-gradient(96deg,rgb(255,206,236) 0%,rgb(111,110,222) 84%)">Le cadre juridique face au phénomène</h1>



<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans le premier volet de ce dossier, nous sommes revenus sur la définition de l&rsquo;exploitation sexuelle des enfants et sur les différentes formes qu&rsquo;elle prend, des réseaux de traite aux dérives permises par les nouvelles technologies. Place aujourd&rsquo;hui aux réponses juridiques que l&rsquo;Afrique a construites, au fil des décennies, pour tenter d&rsquo;endiguer le phénomène.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;Afrique face à l&rsquo;exploitation sexuelle des enfants</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Afrique, en raison de nombreux défis de développement auxquels elle est en proie, représente à divers niveaux un terreau fertile pour la prolifération des réseaux d&rsquo;exploitation sexuelle des enfants. Heureusement, de nombreuses conventions internationales, renforcées par des lois nationales propres à chaque pays, ont été initiées et mises en place pour contrer un tant soit peu le phénomène et offrir des cadres juridiques assez protecteurs pour les enfants.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les outils de protections communs aux états africains</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.unicef.fr/convention-droits-enfants/">Convention internationale des droits de l&rsquo;enfant</a> (CIDE) du 20 novembre 1989, ratifiée par 196 États dont la totalité des pays du continent africain, pose les bases claires en matière de protection des enfants contre <strong>toutes formes d&rsquo;exploitation et d&rsquo;abus sexuels</strong>. En effet, la CIDE reconnaît que les enfants, en raison principalement de leur vulnérabilité, nécessitent protection et soins adaptés. De même, conscients de l&rsquo;importance des jeunes générations dans le processus de développement d&rsquo;un pays, les États membres de l&rsquo;Union africaine, en adoptant le 31 janvier 2015 l&rsquo;<a href="https://au.int/fr/agenda2063/objectifs">Agenda 2063</a>, prévoient dans l&rsquo;article 49 de mettre d&rsquo;ici 2063 « <strong><em>les enfants au centre des préoccupations</em></strong> » en bannissant l&rsquo;ensemble des pratiques sociales néfastes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.acerwc.africa/sites/default/files/2026-03/ACRWC_FR.pdf">Charte africaine des droits et du bien-être de l&rsquo;enfant</a>, adoptée en juillet 1990, ratifiée par 38 pays africains et signée par 41, dispose notamment en son article 27 que les États parties de la charte s&rsquo;engagent « <strong><em>à protéger l&rsquo;enfant contre toute forme d&rsquo;exploitation ou de mauvais traitements sexuels</em></strong> » et s&rsquo;engagent en particulier à prendre des mesures pour empêcher ces pratiques sous toutes leurs formes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les outils de protection propres à chaque pays</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, chaque pays, en fonction de ses réalités, a au fil des années adopté également un certain nombre de lois entrant dans le cadre de la protection des enfants. Ces lois viennent renforcer les conventions et chartes ratifiées ou signées dans le même dessein. Au niveau de chaque pays, de nombreuses initiatives sont instaurées pour contrer son développement, mais aussi pour offrir des cadres d&rsquo;écoute et de soutien aux victimes en vue de leur réinsertion dans la société :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Le <a href="https://www.stjornarradid.is/library/03-Verkefni/Utanrikismal/Throunarsamvinna/uttektar-og-ryniskyrslur/FINAL%20REPORT_Mid-Term%20Evaluation_SOS%20CV%20TOGO_Eng%20Version.pdf">Togo</a> a par exemple mis en place une initiative visant à offrir des formations professionnelles aux enfants victimes pour faciliter leur réadaptation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Au <a href="https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000147846">Mozambique</a>, des unités spéciales pour enfants ont été mises en place dans les postes de police, avec pour but d&rsquo;identifier les victimes de la traite des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Le <a href="https://www.norc.org/content/dam/norc-org/pdf2024/behind-closed-doors-liberia.pdf">Libéria</a>, à travers une organisation locale, œuvre de concert avec les leaders communautaires pour identifier les filles victimes de commerce sexuel et les personnes les plus exposées à l&rsquo;exploitation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Au Bénin, l&rsquo;adoption de la Politique nationale de protection de l&rsquo;enfant 2026-2035 permettra assurément de renforcer le dispositif légal déjà existant en la matière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seulement, malgré l&rsquo;arsenal juridique et les actions mis en place et souvent renforcés à intervalles réguliers dans certains pays, l&rsquo;application des lois, mais aussi l&rsquo;éradication réelle de l&rsquo;exploitation sexuelle des enfants, connaît encore de nombreux freins.</p>
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		<title>Acte de naissance : les réformes qui changent la donne au Niger, au Sénégal et au Togo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2026 16:18:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique et politiques publiques]]></category>
		<category><![CDATA[acte de naissance]]></category>
		<category><![CDATA[DROIT]]></category>
		<category><![CDATA[droit à l'identité]]></category>
		<category><![CDATA[ENFANT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>D’après l’UNICEF, environ 90 millions d’enfants en Afrique ne disposent pas d’acte de naissance. De nombreuses familles africaines continuent encore aujourd’hui de faire face à des obstacles de diverses natures dans l’enregistrement de naissance de leurs enfants. En fonction des pays, ces obstacles concernent notamment des coûts trop élevés, des procédures longue set complexes ou [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph">D’après l’UNICEF, environ 90 millions d’enfants en Afrique ne disposent pas d’acte de naissance. De nombreuses familles africaines continuent encore aujourd’hui de faire face à des obstacles de diverses natures dans l’enregistrement de naissance de leurs enfants. En fonction des pays, ces obstacles concernent notamment des coûts trop élevés, des procédures longue set complexes ou encore le manque d’information sur l’importance de l’enregistrement pour les enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, des milliers d&rsquo;enfants ouest-africains grandissent sans exister aux yeux de l&rsquo;État. Pas de nom sur un registre, pas de date de naissance officielle, pas de nationalité prouvée sur papier. Face à ce constat, plusieurs pays de la sous-région ont engagé ces dernières années des réformes pour faciliter l&rsquo;enregistrement des naissances. Où en est-on, concrètement, au Niger, au Sénégal et au Togo ?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" width="275" height="183"  alt="" class="wp-image-402"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/telechargement-98.jpg"></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Niger : rapprocher l&rsquo;état civil des familles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Niger, depuis 2019, fait de l’enregistrement des naissances une priorité nationale à travers plusieurs actions&nbsp;:</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des campagnes de sensibilisation</h3>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreuses campagnes de sensibilisation ont été menées au Niger ces dernières années pour sensibiliser les familles et les populations locales ; en particulier celles vivant dans les zones reculées sur l’importance de l’acte de naissance. Ces campagnes se mènent avec la participation essentielle des autorités coutumières et religieuses. Celles-ci acheminent parfois les documents nécessaires aux niveaux des centres de déclaration situés dans les grandes villes pour l’établissement des actes de naissance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La campagne «&nbsp;Hakin Yara&nbsp;»</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Niger, à l’instar de plusieurs autres pays de la sous-région est pleinement engagé dans la facilitation de la déclaration de naissance. En Juin 2024, appuyé par l’Union européenne et l’UNICEF, le pays a lancé la campagne nationale « Hakin Yara » qui a pour but d’enregistrer les naissances de plus d’un million d’enfants de moins de 05 ans avant fin 2024. Cette campagne a notamment touché 8500 villages et 1 249 500 personnes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La gratuité des déclarations</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration de naissance au Niger est gratuite dans les 60 jours qui suivent la naissance de l’enfant, qu’elle ait eut lieu à l’hôpital ou à la maison. Après cela, <strong>« <em>la procédure devient longue et coûteuse. Elle peut coûter jusqu’à 10 000 francs CFA ouest-africains (équivalent à 16 dollars US)</em>&nbsp;»,</strong> indique le<a href="https://www.nrc.no/perspectives/2024/no-birth-certificate-means-no-secondary-school-in-niger">Norwegian Refugee Council</a>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le projet Wuri</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Projet d’Identification Unique pour l’Intégration Régionale et l’Inclusion en Afrique de l’Ouest (WURI-Niger), financé par la Banque mondiale, soutient une réforme structurelle de l’état civil. Il a pu ainsi permettre la mise en place de guichets uniques de l’état civil et de l’identification des personnes dans plusieurs villes du pays et la numérisation de 244&nbsp;310 actes de naissance</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dehors de ces réformes phares, de nombreuses actions sont également mises en place sur le terrain pour faciliter aux famille l’obtention de l’acte de naissance et permettre à chaque enfant nigérien de bénéficier dès la naissance du droit à l’identité.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="789"  alt="" class="wp-image-403"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n-1024x789.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n-1024x789.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n-300x231.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n-768x592.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n-1536x1184.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n-1320x1017.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Sénégal : une procédure judiciaire mieux organisée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sénégal illustre parfaitement une certaine ambivalence de la situation&nbsp;: en dépit des nombreuses réformes solides mises en place et d’un cadre juridique assez bien organisé, environ «&nbsp;<strong><em>8,9% des enfants de moins de 5 ans ne disposent pas d’acte de naissance</em></strong>&nbsp;» selon Matar Ndao, Directeur général de l&rsquo;Agence nationale de l&rsquo;État civil (ANEC). Le Sénégal a lancé une série de réformes ambitieuses depuis 2025 pour moderniser son système d&rsquo;état civil et garantir l&rsquo;accès universel à l&rsquo;acte de naissance. Voici les principales réformes documentées :</p>



<h3 class="wp-block-heading">La réforme ministérielle de Mars 2025</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, face à un état des lieux alarmant, le gouvernement d’Ousmane SONKO prend des mesures à la fois drastiques mais salutaires&nbsp;au nombre desquelles celles-ci:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La gratuité des déclarations</strong>, qui vient supprimer les barrières financières pour les familles vulnérables,</li>



<li><strong>La digitalisation intégrale</strong> avec une interconnexion des services de l&rsquo;état civil, de la justice, de la santé et de l&rsquo;éducation.</li>



<li><strong>Le plan de régularisation 2025-2026</strong> à l’endroit des citoyens sans état civil, en particulier les enfants scolarisés ;</li>



<li><strong>La détection précoce des élèves sans actes de naissance,</strong> notamment dès leur admission dans les daaras ou à l’école ;</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Les 13 mesures prises visent essentiellement à contribuer à assurer un accès universel à l’état civil au Niger.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La mise en place du projet NEKKAL</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Lancé en Juin 2019, le projet d’appui au renforcement du système d’information de l’Etat Civil et à la consolidation d’un fichier national d’identité biométrique au Sénégal devenu plus tard «&nbsp;Projet NEKKAL&nbsp;» porte de nombreux objectifs. Il s’agit principalement pour le Sénégal avec l’appui des partenaires techniques et financiers comme l’Union Européenne, de moderniser l’état civil dans le pays en appuyant notamment la consolidation d’un fichier national d’identité biométrique relié au système d’information de l’état civil informatisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de la première phase dudit projet en Juin 2026, de nombreuses avancées ont pu être notées&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>20 millions d’actes ont été numérisés,</li>



<li>La dématérialisation de l’extrait de naissance</li>



<li>La création d’une application mobile permettant aux familles de demander directement leurs pièces d’état civil</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">La déclaration numérique depuis les formations sanitaires</h3>



<p class="wp-block-paragraph">A l’instar du <a href="https://sentinelle-enfance.com/le-droit-a-lidentite-de-lenfant-en-republique-du-benin-ce-quil-faut-savoir/">Bénin</a> à travers le projet WURI, le Sénégal permet désormais aux parents d’effectuer la déclaration de naissance de leur enfant dès l’accouchement au sein même de la structure sanitaire où l’enfant est né. Cette mesure s’accompagne de la signature électronique pour sécuriser les actes de naissance, et de l’utilisation du registre National de l’état civil pour toutes les municipalités du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces diverses initiatives ont été grandement soutenues par la société civile à travers des organisations locales comme Abgo qui mènent également d’autres actions complémentaires sur le terrain</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="682"  alt="" class="wp-image-404"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/689c2282-44ec-4cb5-aa9b-aa15bf66d000-1024x682.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/689c2282-44ec-4cb5-aa9b-aa15bf66d000-1024x682.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/689c2282-44ec-4cb5-aa9b-aa15bf66d000-300x200.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/689c2282-44ec-4cb5-aa9b-aa15bf66d000-768x511.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/689c2282-44ec-4cb5-aa9b-aa15bf66d000.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le Togo&nbsp;: gratuité et simplification du processus</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2022, l’UNICEF estimait que «&nbsp;<strong><em>22% des enfants ne disposaient pas d’un acte de naissance au Togo</em></strong>». Ce pourcentage pouvait s’étendre à 31% dans les zones rurales. Néanmoins, à l’instar de ses pays voisins, le Togo s’est depuis quelques années engagé pleinement à faire du droit à l’identité une priorité pour chaque togolais et en particulier les enfants. Cet engagement s’illustre à travers de nombreuses réformes mises en place pour faciliter aux famille l’acquisition du précieux sésame.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La gratuité de la procédure</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis janvier 2022, obtenir un acte de naissance pour un nouveau-né dont la déclaration s’est effectuée dans le délai légal de 45 jours après la naissance. La décision a été consacrée àar le décret n° 2021-134/PR du 14 décembre 2021. Dans la pratique, cette décision induit que e gouvernement «&nbsp;rembourse à chaque commune le coût de délivrance des actes&nbsp;(…) sur la base d’états trimestriels vérifiés par les préfets&nbsp;», précise <a href="https://www.republiquetogolaise.com/social/1802-6591-gratuite-des-actes-de-naissance-mode-operatoire">l’arrêté interministériel</a> n° 0025/MATDDT/MEF du 14 février 2022.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si cette mesure est à saluer, ses résultats sur le terrain restent encore limités. Les familles peinent encore à respecter le délai de déclaration en raison soit de la longue distance entre les centres de déclaration et leur habitation ou encore de la méconnaissance de l’importance de l’acte de naissance pour l’enfant. &nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">La dématérialisation du processus</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Togo a également modernisé son système d’état civil à travers la digitalisation. Le pays a notamment lancé en décembre 2025 une plateforme numérique dédiée aux actes d’état civil. Cette avancée permet désormais aux citoyens de faire leur demande en ligne. Cette réforme devrait rendre plus accessible l’acquisition de l’acte de naissance et surtout simplifier les démarches administratives notamment pour les familles éloignées des centres urbains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La phase expérimentale a concerné 05 communes et devrait selon les autorités ouvrir la voie à une généralisation progressive du service à l’ensemble des communes du Togo.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un cadre juridique plus précis pour le jugement supplétif.</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit sans doute de l’une des réformes juridiques &nbsp;<a href="https://service-public.gouv.tg/service/62197bd433c0179346497d32/papiers-citoyennete/jugement-civil-sur-requete-tenant-lieu-dacte-de-naissance"></a>les plus solides au Togo dans le cadre du droit à l’identité. Le jugement supplétif tenant lieu d’acte de naissance peut désormais être obtenu auprès de <a href="https://service-public.gouv.tg/service/62197bd433c0179346497d32/papiers-citoyennete/jugement-civil-sur-requete-tenant-lieu-dacte-de-naissance">l’état civil central</a> de la capitale togolaise. Le jugement supplétif sur requête permet de régulariser la situation des enfants non déclarés et de leur garantir l’accès aux droits fondamentaux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des campagnes nationales de délivrances de jugements supplétifs</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, le Togo a lancé une campagne tenue en novembre dans 25 communes à travers le Pays. Cette première campagne cible 5000 élèves au CM2 avec un dispositif combinant à la suite sensibilisation-audiences foraines et transcription des jugements dans les registres d’état civil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une <a href="https://www.francophonie.org/togo-campagne-rattrapage-7400-personnes-obtiennent-un-acte-de-naissance-8624">deuxième campagne</a> tenue entre juillet et août 2026 et initiée par l’Organisation Internationale de la Francophonie OIF a permis à 7400 personnes, en majorité des élèves dans 25 communes de bénéficier d’un document d’identité. Cette deuxième campagne s’inscrit dans le cadre du projet «&nbsp;Etat civil&nbsp;» mis en œuvre par l’OIF avec pour but d’accompagner le gouvernement togolais dans la modernisation du système national d’état civil.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les initiatives communales&nbsp;: l’exemple de la commune du Golfe 1</h3>



<p class="wp-block-paragraph">De manières autonomes, certaines communes togolaises s’engagent également à faire du droit à l’identité une réalité pour les enfants togolais. Ainsi, la commune du Golfe 1 située dans la région maritime du Togo a lancé une audience foraine consistant à faire enregistrer les personnes ne disposant pas d’actes de naissance avec une priorité portée sur les élèves au CM2. Il s’agit ensuite de leur délivrer gratuitement des jugements supplétifs afin de leur permettre de pouvoir participer aux examens nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreuses autres initiatives portées par des ONG ou autres creusets sociaux à l’instar du projet «&nbsp;un enfant, une pièce de naissance&nbsp;», le projet «&nbsp;un rêve devenu réalité&nbsp;» permettent à des dizaines d’enfants dans des zones ciblées de bénéficier gratuitement d’acte de naissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le succès de ces diverses réformes repose en partie sur la mobilisation communautaire autour de la question du droit à l’identité. Ainsi, les autorités traditionnelles, les leaders religieux, les enseignants, les parents et autres ont pu à divers niveaux représenter des relais auprès des familles et des enfants pour accompagner le gouvernement dans ses efforts de promotion de l’accès universel aux actes de naissance au Togo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de leur différences culturelles, structurelles ou autres, le Niger, le Sénégal et le Togo partagent une même logique&nbsp;: rapprocher l’état civil des familles et faire du droit à l’identité une réalité pour les enfants. Gratuité, mobilité des services, dématérialisations, campagnes de sensibilisation et de rattrapage… Les mesures se ressemblent. Toutefois, leur mise en œuvre reste inégale selon les pays, les réalités sociales et surtout du contexte sécuritaire mais aussi des moyens alloués.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si ces réformes marquent une avancée claire et notable, l’enregistrement universel reste encore très loin pour chacun de ces pays. Le défi reste le même partout en Afrique de l’Ouest&nbsp;: faire des expériences pilotes de véritables politiques durables financées et étendues à l’ensemble du territoire pour permettre qu’aucun enfant ne grandisse en étant invisible dans son propre pays par défaut d’existence légale.</p>
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		<title>Le jeu : quelle importance dans le développement de l’enfant ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 10:28:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture et loisirs]]></category>
		<category><![CDATA[développement]]></category>
		<category><![CDATA[DROIT]]></category>
		<category><![CDATA[ENFANT]]></category>
		<category><![CDATA[Jeu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Courir dans la cour, assembler des éléments, empiler des cailloux ou encore inventer une histoire avec seulement trois bouts de bois… Ce sont là quelques habitudes anodines du quotidien des enfants, mais qui, en réalité, représentent des moteurs puissants de développement de l’enfant. Le jeu est certainement le droit de l’enfant le moins cité, et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Courir dans la cour, assembler des éléments, empiler des cailloux ou encore inventer une histoire avec seulement trois bouts de bois… Ce sont là quelques habitudes anodines du quotidien des enfants, mais qui, en réalité, représentent des moteurs puissants de développement de l’enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeu est certainement le droit de l’enfant le moins cité, et pourtant, il est bien réel et même reconnu par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant CIDE en son article 31 et comme un droit fondamental de l’enfant par l’article 18-h du Code de l’enfant en République du Bénin. Le même droit est reconnu à l’enfant à travers l’article 12 de la Charte africaine des droits et du bienêtre de l’enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les sociétés africaines, notamment dans les milieux populaires et ruraux, le jeu pour l’enfant est parfois perçu comme secondaire, face aux choses ‘<strong>’sérieuses’’</strong>. L’aide aux tâches domestiques, aux travaux champêtres ou encore l’apprentissage des métiers manuels prime souvent sur le jeu pour les enfants. Un enfant qui joue ‘<strong>’trop’’</strong> est souvent perçu comme «&nbsp;<strong>paresseux</strong>&nbsp;». Pourtant, le jeu a une importance capitale dans le développement de l’enfant.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="724" height="1024"  alt="" class="wp-image-386"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-724x1024.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-724x1024.jpg 724w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-212x300.jpg 212w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-768x1087.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-1086x1536.jpg 1086w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-1448x2048.jpg 1448w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-1320x1868.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-scaled.jpg 1809w" sizes="auto, (max-width: 724px) 100vw, 724px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le jeu&nbsp;: un outil de développement moteur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit sans doute de la dimension du jeu la plus visible, tout en étant la plus négligée ou reléguée au simple rang de «&nbsp;dépense d’énergie&nbsp;». Pourtant, courir, sauter, grimper et autres gestes physiques faits par l’enfant au cours du jeu va permettre de développer sa motricité globale et surtout son équilibre à plusieurs niveaux&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’équilibre et la posture</strong> à travers les mouvements répétitifs qui sollicitent tout le corps</li>



<li><strong>La coordination</strong> entre les différentes parties du corps</li>



<li><strong>La force musculaire et l’endurance</strong> construites de manière progressive sans effort et sans un quelconque sentiment de contrainte</li>



<li><strong>La conscience spatiale</strong> qui lui permet de situer son corps par rapport aux objets et aux autres.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, le jeu sera également pour lui le moyen de façonner sa motricité fine à travers notamment des gestes simples comme le fait d’empiler des objets ou de manipuler un élément.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le jeu&nbsp;: un laboratoire pour l’esprit de l’enfant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeu représente le premier moyen par lequel l’enfant va apprendre, découvrir le monde et acquérir la maîtrise de certains éléments de son environnement. Généralement, un enfant va lui-même choisir le type de jeu qu’il préfère. Cette liberté lui permet de vivre à la fois une expérience sans contrainte tout en laissant libre court à son imagination. De plus, en choisissant un jeu qui correspond à son rythme de développement, l’enfant ne se retrouvera pas en situation d’échec. Ceci, renforce sa confiance en lui en le faisant se sentir compétent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un enfant, jouer à faire semblant par exemple, en incarnant un vendeur, un parent ou un enseignant représente une manière de représenter le monde, anticiper sur ce qui pourrait arriver et surtout, organiser sa pensée. Il en est de même pour les jeux de construction ou d’assemblage qui, eux, participent en plus à développer la logique et la compréhension de l’enfant, tout en l’aidant à construire les bases de son raisonnement.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="683" height="1024"  alt="" class="wp-image-388"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-683x1024.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-683x1024.jpg 683w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-200x300.jpg 200w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-768x1152.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-1024x1536.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-1365x2048.jpg 1365w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-1320x1980.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-scaled.jpg 1707w" sizes="auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le jeu&nbsp;: une école des interactions sociales pour l’enfant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeu est certainement le tout premier espace d’apprentissage social de l’enfant. C’est là qu’il expérimente notamment la notion du «&nbsp;vivre ensemble&nbsp;» à travers de nombreux apprentissages&nbsp;:</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les règles du «&nbsp;nous&nbsp;»</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La dimension culturelle du jeu chez l’enfant en Afrique renvoie à la réalité du quotidien et aux règles du vivre ensemble qui régissent bien la société africaine. <em><u><a href="https://www.persee.fr/doc/enfan_0013-7545_1980_num_33_4_3333">L’univers ludique de l’enfant africain</a></u></em> précise que «&nbsp;<strong><em>l’enfant africain joue rarement seul. C’est souvent par groupes qu’on retrouve les petits garçons et les petites filles dans les concessions et dans les rues</em></strong>&nbsp;». En effet, le jeu passe généralement de l’individuel au collectif entre 3 et 4 ans. Ce qui confronte l’enfant à des exigences nouvelles&nbsp;: le partage, l’attente, la négociation, et l’acceptation d’un refus.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’empathie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeu collectif amène l’enfant à se décentrer, en incarnant un personnage, en ajustant son comportement des en fonction des réactions de ses congénères ou encore en imaginant ce que peut ressentir un autre joueur. De cette manière, il apprend à comprendre ce que pense l’autre, il voit et ressent les choses différemment. &nbsp;Un enfant qui joue avec d’autres enfants, pourra plus facilement développer ces capacités qu’un enfant isolé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La gestion de conflits</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Même si les disputes de jeu sont souvent perçues comme ‘’des perturbations’’, elles sont pourtant nécessaires au développement de l’enfant. En effet, c’est au cours de ces petits conflits du quotidien que l’enfant apprend à&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Exprimer son désaccord ;</li>



<li>Ecouter d’autres points de vue,</li>



<li>Trouver des compromis ;</li>



<li>Se réconcilier et continuer de jouer ensemble.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Il s’agit là de capacités qui se renforcent avec l’âge et qui accompagnent l’enfant tout au long de sa vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le jeu&nbsp;: une manière de gérer les émotions</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les émotions font partie intégrante de la vie d’un être humain. Pour un enfant, ils sont d’autant plus difficiles à gérer qu’il les découvre et ne sait pas forcément comment les nommer. Jouer représente un moyen à la fois concret et efficace d’explorer ses sentiments et les comprendre. D’ailleurs, pour les enfants moins expressifs verbalement le jeu peut représenter un excellent outil d’expression. Le jeu aide l’enfant à mieux appréhender les interactions avec les autres en réduisant notamment la pression liée à la communication directe. En outre, il lui permet également de développer des capacités en communication indirecte à travers notamment la capacité à parler de lui-même dans un jeu sans se désigner explicitement. Un <a href="https://scielo.org.za/scielo.php?script=sci_arttext&amp;pid=S0256-01002020000500002">article</a> de Taiwo OGOUNYEMI et Élisabeth, intitulé  Henningintitulé <em><u>Understanding the value of play in Africa’s childhood</u></em>”,  indique qu’à travers le jeu, « <strong>les émotions des enfants peuvent être évaluées, surveillées et modérées lorsqu’ils jouent </strong>».  </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="683" height="1024"  alt="" class="wp-image-387"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-683x1024.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-683x1024.jpg 683w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-200x300.jpg 200w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-768x1152.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-1024x1536.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-1365x2048.jpg 1365w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-1320x1980.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-scaled.jpg 1707w" sizes="auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le jeu&nbsp;: un indicateur du niveau de développement de l’enfant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeu est fréquemment utilisé lors des consultations pédiatriques ou au cours des évaluations psychomotrices pour observer l’enfant. Il participe notamment à définir un retard dans le développement chez l’enfant.  A travers une <a href="https://unesdoc.unesco.org/in/documentViewer.xhtml?v=2.1.196&amp;id=p::usmarcdef_0000134046&amp;file=/in/rest/annotationSVC/DownloadWatermarkedAttachment/attach_import_56b54248-da89-4326-a2a4-9f0c57508992%3F_%3D134046freo.pdf&amp;locale=fr&amp;multi=true&amp;ark=/ark:/48223/pf0000134046/PDF/134046freo.pdf#%5B%7B%22num%22%3A67%2C%22gen%22%3A0%7D%2C%7B%22name%22%3A%22XYZ%22%7D%2C0%2C841%2Cnull%5D">étude</a> intitulée <em><u>L’Enfant et le jeu: approches théoriques et applications pédagogiques (UNESCO)</u></em>, l’UNESCO indique que « <strong><em>Grâce à l’observation du jeu  de l’enfant, on pourra voir se manifester un trouble du développement affectif, psychomoteur ou intellectuel, on pourra identifier le stade de développement mental auquel l’enfant est parvenu et dont il faudra tenir compte si l’on veut perfectionner les techniques d’apprentissage utilisées, et découvrir les méthodes qui ont le plus de chance de réussite</em></strong> ». Par exemple, un enfant qui, à 6 ans ne parvient pas à suivre une règle du regard, saisir ou imiter un geste simple fournit des indices clairs sur son développement moteur et sensoriel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si le jeu est un droit reconnu à l’enfant africain à travers de nombreuses conventions, il représente également un élément majeur à son développement. Des milliers d’enfants à travers le continent sont très tôt privés de leur droit au jeu pour effectuer des <a href="https://sentinelle-enfance.com/travail-des-enfants-en-republique-du-benin-realites-sur-le-terrain-et-difficultes-dapplication-des-lois/">activités économiques</a>. Néanmoins, le jeu reste une part importante de l’enfance que chaque adulte devrait concéder et même soutenir dans la vie d’un enfant.</p>
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		<title>Travail des enfants en République du Bénin : Réalités sur le terrain et difficultés d’application des lois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 13:48:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits et protection de l'enfant]]></category>
		<category><![CDATA[DROIT]]></category>
		<category><![CDATA[ENFANT]]></category>
		<category><![CDATA[TRAVAIL DE L'ENFANT]]></category>
		<category><![CDATA[Vidomègon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vidomègon, vente ambulante, dans les marchés, culture des champs, apprentissage informel aux métiers manuels ou encore les travaux domestiques contre rémunération, les formes que prend le travail des enfants au Bénin sont multiples. Toutefois, chacune d’elles entre en tension directe avec le droit à l’éducation ou l’application d’autres droits fondamentaux de l’enfant. Il existe pourtant un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Vidomègon, vente ambulante, dans les marchés, culture des champs, apprentissage informel aux métiers manuels ou encore les travaux domestiques contre rémunération, les formes que prend le travail des enfants au Bénin sont multiples. Toutefois, chacune d’elles entre en tension directe avec le droit à l’éducation ou l’application d’autres droits fondamentaux de l’enfant. Il existe pourtant un arsenal juridique qui cadre, limite et même interdit ces pratiques.  En particulier quand elles compromettent la scolarité ou mettent en danger l’enfant. Mais pourquoi dans ce cas peinent-elles autant à être appliquées sur le terrain ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Travail des enfants en République du Bénin&nbsp;: états des lieux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le travail des enfants en République du Bénin est un phénomène qui a toujours existé, sous diverses formes, certaines, plus ouvertes et plus visibles que d’autres. En 2020, l’UNICEF dans un rapport intitulé <em><u><a href="https://www.unicef.org/benin/recits/le-travail-des-enfants">Le travail des enfants : Banalisation d&rsquo;un phénomène qui prend de l&rsquo;ampleur</a></u></em>’’ indiquait que « <strong><em>le phénomène du travail des enfants est en nette aggravation par rapport à 2008 avec plus d’un enfant sur deux (52,5%) impliqué dans le travail des enfants et près de quatre sur dix d’entre eux (40%) travaillent dans des conditions dangereuses</em></strong> ». Heureusement, depuis, une nette amélioration a été faite. On a pu ainsi, noter  une régression notable du phénomène. Ceci,  notamment en ce qui concerne les pires formes de travail des enfants au Bénin. Ces dernières années, le Bénin a principalement agi sur plusieurs leviers dans la lutte contre le travail des enfants.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La création du Comité Directeur National de lutte contre le travail des enfants CDN</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le CDN est un organe né en 2014 en cohérence avec l’article 5 de la convention n° 182 de l’OIT ratifiée par le Bénin. Le CDN a été installé  avec pour but de piloter, d’orienter et de suivre la politique publique contre le travail des enfants et placé sous la tutelle du Ministère en charge du travail.  Cet organe de régulation sert dans la pratique de cadre de coordination entre l’administration, les partenaires techniques et financiers, les organisations syndicales, le patronat mais aussi et surtout les ONG impliquées dans la protection de l’enfant. Il fonctionne comme une plateforme multipartite de concertation avec des résultats probants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seulement entre 2024 et 2025, «&nbsp;<strong><em>plus de 7500 enfants en situation de travail ont été identifiés à travers des missions d’inspection sectorielles menées par les directions départementales du travail et la Brigade des mœurs</em></strong>&nbsp;» a indiqué un rapport présenté lors de la 2<sup>e</sup> session ordinaire du CDN tenue en Novembre 2025. Ces diverses interventions, ont pu notamment permettre de retirer «&nbsp;<strong><em>1500 enfants exposés aux pires formes de travail</em></strong>&nbsp;». &nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">La campagne Tolérance Zéro</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La campagne « <strong>Tolérance Zéro au travail des enfants </strong>» a été lancée en 2023 avec pour but de mobiliser les acteurs de la protection de l’enfance, mais aussi les usagers des marchés, les artisans, les communautés et les enfants eux-mêmes dans la lutte contre le travail des enfants. Cette campagne a également été l’occasion de mener des visites conjointes d’inspection et de contrôle dans les marchés, les carrefours et autres points de vente. Ces visites ont permis d’identifier et de retirer les enfants victimes d’exploitation économique et de maltraitance, y compris ceux impliqués dans la mendicité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En février 2026, cette campagne a été relancée. Cette fois ci, un accent particulier a été mis sur la protection de l’enfant, l’éducation et la répression des formes d’exploitation. A travers cette deuxième édition, le gouvernement entend intensifier la lutte contre le travail des enfants, particulièrement dans les secteurs à forte prévalence. Il s&rsquo;agit notamment des mines et carrières, l’agriculture, les marchés, les chantiers de construction et les activités de rue.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le renforcement de l’inspection du travail</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’inspection du travail joue un rôle central dans la lutte contre le travail des enfants au Bénin. Elle y participe activement à travers notamment le contrôle des lieux de travail, le ciblage des enfants en situation d’exploitation et le déclenchement des mesures de retrait, d’orientation et de suivi en partenariat avec d’autres acteurs de la protection des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien qu’en 2021, dans le cadre de la Journée Mondiale contre le travail des enfants, une série de visites d’inspection a été organisée sur 473 chantiers de constructions de bâtiments avec un objectif global de 475 apprentis recensés. Cette célébration a été notamment l’occasion de féliciter certains maîtres artisans pour leurs efforts quant au respect de la législation en vigueur en matière d’apprentissage au Bénin.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le suivi des services sociaux</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le suivi des services sociaux dans la lutte contre le travail des enfants est un levier essentiel et même primordial. Il consiste à accompagner les enfants retirés des situations d’exploitation et à s’assurer qu’ils reçoivent une prise en charge adaptée. Il s’agit notamment de s’assurer que les enfants soient orientés vers les structures compétentes nécessaires en fonction de la situation. Ils peuvent ensuite recevoir une assistance psychosociale, éducative, une réinsertion familiale ou scolaire ou parfois, un hébergement d’urgence. Les services sociaux au Bénin travaillent avec l&rsquo;inspection du travail, les structures de protection de l’enfant, les ONG et les partenaires techniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://social.gouv.bj/public/medias/tbs-protection-de-l-enfant-2022-final-1695024933.pdf">tableau de bord social</a>, édition 2022 de l’Observatoire de la femme et de l’enfant indique que «&nbsp;<strong><em>en 2022, 595 enfants en situation de travail ont été recensés </em></strong>», contre 827 en 2021, Soit une diminution de près de 50%. Une baisse qui selon le rapport, s’explique par «&nbsp;<strong><em>le fait que les actions de prévention et de prise en charge portent leurs fruits.</em></strong>&nbsp;». Notons également que sur les 595 enfants enregistrés, 468 ont été retirés avec 94 réinsérés dans les centres professionnels de formation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de toutes ces transformations et initiatives, le travail des enfants continue d’être une réalité au Bénin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi la loi peine-t-elle à s’appliquer&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Bénin, l’interdiction de travail des enfants, autant que l’obligation d’éducation est consacrée par les textes. Néanmoins, l’application desdites lois demeure difficile. Pour de nombreuses raisons, l’écart entre la loi et la réalité du quotidien reste important.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La pauvreté des familles</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans de nombreux ménages, en particulier dans les milieux ruraux, le travail des enfants est perçu comme une aide à la survie. Ceci particulièrement parce qu&rsquo;il apporte un complément aux revenus du foyer. Cette pauvreté justifie notamment les <a href="https://sentinelle-enfance.com/le-droit-a-leducation-face-au-travail-des-enfants-quand-la-survie-prime-sur-lecole/">difficultés d’accès à l’éducation</a> pour les enfants, les orientant presqu’automatiquement vers des voies secondaires liées au travail.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La forte demande de main d’œuvre bon marché</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le secteur informel, l’agriculture, les chantiers, les commerces et même certaines activités artisanales sont constamment en quête de main d’œuvre à moindre coût. De ce fait, les enfants, du fait de leur jeune âge sont plus malléables et plus faciles à exploiter. De plus, ils reviennent moins chers et sont payés trois fois rien pour exercer des tâches ingrates et souvent inadaptées pour leur âge à longueur de journée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’acceptation sociale du phénomène</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certains contextes et milieux, le travail des enfants est encore perçu comme normal, utile et même formateur. Pourtant interdit, il est souvent banalisé dans des environnements où très tôt, les enfants participent aux travaux domestiques et champêtres sans grande considération de leur âge et du type de travaux qui devraient y correspondre. De ce fait, la pression sociale qui devrait accompagner les efforts de l’état et des organisations de défense contre la pratique, reste quelque peu limitée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La porosité des frontière et la traite des personnes</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’est un secret pour personne que les frontières africaines sont assez poreuses. Cette porosité facilite grandement la traite des personnes et en particulier celle des enfants. Certains enfants sont déplacés d’une zone à une autre, voir vers d’autres pays pour y effectuer des travaux rémunérés. La porosité des frontières et la facilité de circulation des personnes à l’intérieur même du pays rend difficile l’identification et la répression.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, si les informations sur l’application pénale des sanctions prises à l’encontre des personnes impliquées dans le travail et l’exploitation des enfants étaient suffisamment publiées, et communiquées, ceci aurait un effet dissuasif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Bénin a ratifié les conventions <a href="https://www.ilo.org/sites/default/files/2025-05/Youth_Orientated_Conventions_FR.pdf">138</a> et  182 de l’OIT relatives au travail des enfants et au travail décent, engageant ainsi l’état sur le plan international. Sur le terrain, de nombreuses actions sont menées avec des initiatives porteuses réduisant doucement mais surement la prévalence d’enfants travailleurs à travers la sensibilisation des familles, et des actions ciblées de retrait des enfants en situation d’emploi et leur réinsertion dans le système de formation professionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>O. Marthe Carmelle OKOUMASSOUN </strong></p>
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		<title>Le droit à l’éducation face au travail des enfants : Quand la survie prime sur l’école</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 06:50:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits et protection de l'enfant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au Bénin, la loi est claire : tout enfant a droit à l’éducation et l’Etat a l’obligation d’en garantir l’accès. Aussi, l’obligation scolaire jusqu’au niveau du CM2 est consacré par l’article 116 de la loi n°2015-08 du 08 Décembre 2015 portant Code de l’enfant en République du Bénin. Il s’agit d’ailleurs d’un droit fondamental reconnu à [&#8230;]</p>
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<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Au Bénin, la loi est claire : tout enfant a droit à l’éducation et l’Etat a l’obligation d’en garantir l’accès. Aussi, l’obligation scolaire jusqu’au niveau du CM2 est consacré par l’article 116 de la loi n°2015-08 du 08 Décembre 2015 portant Code de l’enfant en République du Bénin. Il s’agit d’ailleurs d’un droit fondamental reconnu à l’enfant. Néanmoins, en dépit de ce que prévoit la loi, et des <a href="https://sentinelle-enfance.com/le-droit-a-leducation-de-lenfant-et-lobligation-scolaire-au-benin-etat-des-lieux/">nombreuses actions et initiatives</a> prises par le Bénin ces dernières décennies , le droit à l’éducation rencontre encore de nombreux défis, notamment celui lié au travail des enfants. En effet, un grand nombre d’enfants béninois se voient souvent contraints d’abandonner l’école. Ceci, non pas par volonté mais par contrainte liée à l’exercice d’activités économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre les textes de lois et la réalité de milliers de familles béninoises, un fossé demeure constant&nbsp;; celui de la survie économique, qui prime bien trop souvent sur le droit à apprendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Travail des enfants&nbsp;: ce que dit la loi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’édition 2022 du <a href="https://social.gouv.bj/public/medias/tbs-protection-de-l-enfant-2022-final-1695024933.pdf">Tableau de bord social sur la protection de l’enfant</a> de l’OBSERVATOIRE DE LA FAMILLE DE LA FEMME ET DE L’ENFANT définit le travail des enfants comme « <strong><em>toute activité rémunérée ou non, exercée par l’enfant et qui le prive de la jouissance de ses droits</em></strong> ». Le code de l’enfant au Bénin protège l’enfant contre l’exploitation économique et les travaux susceptibles de nuire à son développement ou de compromettre sa scolarité. D’ailleurs, la loi n° 98-004 du 27 janvier 1998 portant <a href="https://sgg.gouv.bj/doc/loi-98-004/">Code du travail en République du Bénin</a> offre un cadre précis au travail des enfants. Elle stipule en son article 166 que « <strong><em>les enfants ne peuvent être employés dans aucune entreprise avant l’âge de 14 ans</em></strong> ». De même, elle interdit également certains types de travaux aux mineurs tout en réglementant le cadre et les conditions de travail pour les mineurs en situation de travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, le décret n°2011-029 du 31 janvier 2011 fixant la liste des <a href="https://sgg.gouv.bj/doc/decret-2011-029/">travaux dangereux pour les enfants en République du Bénin</a> vient appuyer les dispositions légales de protection de l’enfant en situation de travail déjà existantes. Ce décret vient notamment définir les activités totalement interdites aux moins de 18 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la loi n°2006-04 du 10 avril 2006 portant <a href="https://sgg.gouv.bj/doc/loi-2006-04/">conditions de déplacement des mineurs et répression de la traite d’enfants</a> en République du Bénin stipule en son article 5 que « <strong><em>l’utilisation de la main d’œuvre enfantine est interdite en République du Bénin, sauf dans les cas prévus par la loi et les conventions internationales</em></strong> ». Ce texte est particulièrement pertinent pour le Bénin. Il vient compléter l’ensemble de l’arsenal juridique déjà mis en place pour réglementer le travail des enfants. Ceci, dans un contexte où la frontière entre placement ; apprentissage et exploitation demeure encore aujourd’hui assez floue.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les ‘’vidomègon’’, un cas spécifique au Bénin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à d’autres pays de la sous-région où les enfants souvent mineurs sont confiés à des maîtres coraniques, puis exploités à des fins de mendicité, le Bénin est confronté à une réalité quelque peu plus sournoise&nbsp;: les vidomègon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En langue fon (la langue la plus parlée au Bénin), « vidomègon » signifie « enfant placée ». Cette pratique existant depuis plusieurs décennies consiste à confier un enfant, le plus souvent, une fille à un tiers (un proche ou autre). Ce dernier est censé lui offrir un cadre de vie meilleur ; l’accès à l’école ou l’apprentissage d’un métier en échange d’un travail domestique. Dans la grande majorité des cas, la scolarisation, de même que l’apprentissage d’un métier ne se concrétisent jamais. L’enfant devient une force de travail à temps plein, sans aucun accès à l’éducation, souvent coupé totalement de sa famille et vivant pleinement dans des conditions proches de l’exploitation, voire, de la traite.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">La loi n° 2006-04 vient justement poser le cadre juridique d’une distinction claire entre le placement traditionnel qui protège l’enfant et celui qui, en réalité, ne sert qu’à masquer une exploitation économique de l’enfant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le travail des enfants dans les marchés et les champs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des vidomègon, une autre réalité pèse sur la scolarisation : le travail des enfants dans les marchés, l’agriculture ou l’artisanat. Alors que le décret n°2011-029 du 31 janvier 2011 fixant la liste des travaux dangereux pour les enfants en République du Bénin compte justement l’ensemble de ces travaux et bien d’autres au nombre des activités interdites aux enfants n’ayant pas rigoureusement 18 ans au Bénin, le constat sur le terrain est totalement autre. Pourtant, l’exercice de ces activités représente une concurrence directe au temps scolaire. Ce qui finit indéniablement par conduire à un abandon scolaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat est à la fois triste et amer&nbsp;; l’application des lois se heurte à une réalité de taille&nbsp;: la situation de précarité dans laquelle vivent de nombreuses familles. En effet, dans de nombreux cas, le travail d’un enfant est surtout une nécessité. Les revenus de l’enfants représentent un complément indispensable à la survie du foyer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’apprentissage de métiers manuels&nbsp;: un flou persistant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe au Bénin une forme de travail des enfants socialement admise et même valorisée&nbsp;: l’apprentissage d’un métier manuel (coiffure, couture, menuiserie, mécanique&nbsp;…). Il s’agit d’une pratique ancienne qui consiste à confier un enfant à un artisan pour qu’il apprenne le métier. Elle est perçue comme une voie d’insertion légitime et représente souvent une alternative à un abandon scolaire, ou à une scolarité jugée trop coûteuse ou incertaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est justement parce que cette pratique est socialement banalisée et représente, dans certaines situations, une porte de sortie louable pour certains enfants ayant des difficultés d’apprentissage scolaire qu’elle échappe au regard du décret n° 2011-029 du 31 janvier 2011. En effet, dans les ateliers d’apprentissage, les limites définies par ledit décret sont souvent ignorées. On y retrouve bien souvent des enfants bien trop jeunes, maniant des outils dangereux, respirant et travaillant avec des produits toxiques, et travaillant des journées entières et même de nuit, sans aucune considération des textes de loi. L’apprentissage manuel se déroule de manière informelle et hors de tout contrôle administratif. Il n’existe souvent pas de contrat encadré, ni aucune inspection du travail sur place. Ce que la loi qualifie de travail dangereux est perçu socialement comme une « formation ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vidomègon, travail dans les marchés, aux feux tricolores ou encore dans les rues, apprentissage informel : il s’agit de différentes réalités n’ayant toutefois pas la même origine, mais qui convergent toutes vers un même résultat : celui d’un enfant privé, en tout ou en partie, de son droit à l’éducation. Face à cette diversité de situations, une question demeure : pourquoi un cadre juridique aussi précis peine-t-il autant à protéger ces enfants dans les faits ? Aussi, quels sont les leviers existant déjà pour faire reculer de plus en plus la pratique néfaste du travail des enfants au Bénin ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le droit à l’éducation de l’enfant au Bénin : état des lieux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jul 2026 10:13:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scolarité et formation]]></category>
		<category><![CDATA[DROIT]]></category>
		<category><![CDATA[EDUCATION]]></category>
		<category><![CDATA[ENFANT]]></category>
		<category><![CDATA[ENSEIGNEMENT]]></category>
		<category><![CDATA[SCOLARISATION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le droit à l&#8217;éducation pour les enfants est un principe fondamental reconnu à travers le monde par de nombreuses conventions internationales. Assurer une éducation de qualité pour les enfants est essentiel à leur développement et leur avenir. En effet, l’accès à l’école permet non seulement d’acquérir des connaissances mais participe également au développement de la [&#8230;]</p>
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<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit à l&rsquo;éducation pour les enfants est un principe fondamental reconnu à travers le monde par de nombreuses conventions internationales. Assurer une éducation de qualité pour les enfants est essentiel à leur développement et leur avenir. En effet, l’accès à l’école permet non seulement d’acquérir des connaissances mais participe également au développement de la personnalité de l’enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un enfant non inscrit à l’école perd la facilité à certaines informations essentielles à sa vie, à la santé, à un revenu sûr. De même, il reste plus exposé au mariage précoce, au travail et à l’exploitation. Le droit à l’éducation pour l’enfant n’est pas juste un droit parmi tous les autres, il s’agit d’un levier qui conditionne l’exercice de nombreux autres droits reconnus à l’enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Bénin, le droit à l’éducation pour l’enfant est inscrit dans la loi depuis de nombreuses années. Mais entre les lois et leur véritable application sur le terrain, le fossé peut être assez grand et c’est réellement le cas concernant la réalité de l’instruction des enfants au Bénin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le droit à l’éducation de l’enfant&nbsp;: ce que garantit la loi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit à l’éducation pour l’enfant fait partie des <a href="https://sentinelle-enfance.com/quels-sont-les-droits-fondamentaux-de-lenfant-reconnus-par-le-code-de-lenfant-en-republique-du-benin-2/">droits fondamentaux</a> reconnus à l’enfant en République du Bénin par le Code de l’enfant. En effet, l’article 17 reconnaît à l’enfant le droit «&nbsp;<strong><em>d’accéder à l’éducation de base obligatoire, à la formation professionnelle&nbsp;</em></strong>». &nbsp;Concrètement, il se décline de plusieurs manières&nbsp;:</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’obligation scolaire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au Bénin, aucun enfant, à l’exception de ceux « <strong><em>présentant une déficience intellectuelle ou autre ne peut abandonner l’école s’il n’a obtenu le Certificat d’Etudes Primaires (CEP)</em></strong>» ou tout au moins, atteint le niveau du cours moyen 2<sup>e</sup> année (article 116). La scolarisation est obligatoire au Bénin de la maternelle à la fin du cycle primaire (article 113) et l’Etat a la responsabilité de garantir ce droit à l’enfant (article 112).</p>



<h3 class="wp-block-heading">La gratuité du premier cycle</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’enseignement maternel et primaire public au Bénin est gratuit. Il s’agit d’un principe établi depuis la loi n° 2015-08 du 08 Décembre 2015 en son article 114. Cette disposition a pour but de permettre d’assurer à tous les enfants au Bénin, quelles que soient leur condition de pouvoir accéder aisément à l’instruction scolaire de base. Cet objectif est entériné par la loi n° 2003-17 du 01 Novembre 2003 portant orientation de l’éducation nationale en République du Bénin en son article 3 alinéa 1 « <strong><em>une plus grande attention doit être accordée à l’éducation des jeunes filles, des personnes et enfants en situation difficile, des enfants des zones déshéritées &nbsp;&nbsp;et des groupes vulnérables</em></strong>&nbsp;».</p>



<h3 class="wp-block-heading">La gratuité de l’enseignement pour les filles</h3>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;En vigueur depuis 2013, la mesure de gratuité du premier cycle de l’enseignement secondaire dans les collèges publics au Bénin avait été étendue en 2023 au second cycle dans une vingtaine de communes choisies parmi les plus défavorisées du pays. Le conseil des ministres du 03 Juin 2026 a annoncé qu’à la rentrée scolaire 2026-2027, cette mesure sera étendue à l’ensemble des 57 communes restantes. Cette mesure vise à renforcer la scolarisation des jeunes filles, mais aussi réduire les abandons scolaires et favoriser l’égalité des chances dans l’accès à l’éducation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mesures et réformes transversales pour favoriser l&rsquo;application du droit à l&rsquo;éducation </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des nombreuses initiatives inscrites dans diverses lois et mises en place par les gouvernements à la tête du pays, plusieurs autres réformes ont également été initiées au fil des années avec pour objectifs, de reculer au mieux les freins à la scolarisation des enfants au Bénin.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les réformes sur les enseignants et la qualité pédagogique &nbsp;</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les dix dernières années au Bénin ont été marquées par une professionnalisation plus poussée du métier d’enseignant. Il s’agit notamment de la constitution d’une base de données du personnel, la mise en place de formations pour conseillers pédagogiques et inspecteurs. Les approches pédagogiques ont, depuis&nbsp;; évolué vers l’Approche Par Compétence (APC), plaçant ainsi l’élève au cœur même de l’apprentissage et faisant désormais de l’enseignant un guide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour garantir la norme d’un enseignant par classe, le gouvernement avait initié en 2025 le recrutement de «&nbsp;2319&nbsp;» nouveaux enseignants pour le primaire mais aussi un renforcement du secondaire avec la création de «&nbsp;2000&nbsp;» postes d’accompagnants pédagogiques dédiés spécifiquement à l’inclusion des enfants en situation de handicap ou de vulnérabilité.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’instauration de l’alimentation scolaire comme levier de rétention</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Instauré depuis 2017, le <a href="https://odd.finances.bj/projects/programme-national-dalimentation-scolaire-integre-volet-cantines-scolaires/">Programme National d’Alimentation Scolaire Intégré PNASI</a>  vise à faciliter l’accès, mais surtout la rétention des enfants à l’école en fournissant des repas dans les établissements scolaires. Depuis son lancement le PNASI a connu un accroissement du taux de couverture des cantines scolaires, notamment dans les zones les plus touchées par l’insécurité alimentaire et la sous scolarisation, touchant plus d’un million d’élèves. Ces résultats incluent également une hausse des inscriptions scolaire, une réduction des abandons scolaires et une nette amélioration de l’état nutritionnel des enfants.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La gratuité étendue aux fournitures scolaires</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis quelques années le gouvernement, avec l’appui de partenaires techniques et financiers a initié une campagne de distribution de kits et fournitures scolaires à l’endroit de centaines de milliers d’enfants. Le programme cible principalement les zones rurales et les plus défavorisées avec un choix de lancement chaque année volontairement décentralisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour cette année, le budget 2026 prévoit en supplément, la distribution de manuels et de cahiers d’activités en mathématiques et en français. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit à l’éducation, comme <a href="https://sentinelle-enfance.com/le-droit-a-lidentite-de-lenfant-en-republique-du-benin-ce-quil-faut-savoir/">le droit à l’identité </a>représente un <a href="https://sentinelle-enfance.com/quels-sont-les-droits-fondamentaux-de-lenfant-reconnus-par-le-code-de-lenfant-en-republique-du-benin-2/">droit fondamental</a> de l’enfant en République du Bénin. Il ne se limite pas uniquement à un texte de loi, mais au Bénin, se décline en actions concrètes sur le terrain. Ceci notamment à travers celles citées plus haut, mais également à travers la construction et la réhabilitation d’infrastructures scolaires et le renforcement des internats et établissements techniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nombreuses réformes initiées au fil des années par les divers gouvernements à la tête du pays rappellent une réalité essentielle&nbsp;: la gratuité seule ne suffit pas si les &nbsp;conditions ne sont pas remplies pour permettre aux enfants d’étudier dans de bonnes conditions et avec des infrastructures dignes du nom ou si les conditions de vie précaires des parents restent à l’origine d’abandons scolaires ou de difficultés d’accès aux manuels nécessaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’obligation scolaire minimum pour tous les enfants au Bénin, associé aux réformes et facilités mises en place qui permettent depuis plusieurs années de réduire de plus en plus les barrières entravant l’application du droit à l’éducation aux enfants en République du Bénin. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marthe Carmelle OKOUMASSOUN</strong> </p>
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		<title>Le droit à l’identité de l’enfant en République du Bénin : ce qu’il faut savoir  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 00:01:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits et protection de l'enfant]]></category>
		<category><![CDATA[DROIT]]></category>
		<category><![CDATA[ENFANT]]></category>
		<category><![CDATA[IDENTITE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un enfant qui ne possède pas d’acte de naissance au Bénin et partout dans le monde n’existe pas aux yeux de l’administration de son pays. Il se retrouve dans l’incapacité d’être inscrit à l’école, d’accéder aisément aux soins de santé et est plus vulnérable aux risques de traite, d’exploitation ou de mariage précoce. Si en [&#8230;]</p>
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]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">Un enfant qui ne possède pas d’acte de naissance au Bénin et partout dans le monde n’existe pas aux yeux de l’administration de son pays. Il se retrouve dans l’incapacité d’être inscrit à l’école, d’accéder aisément aux soins de santé et est plus vulnérable aux risques de traite, d’exploitation ou de mariage précoce. Si en apparence le droit à l’identité semble être banal, il représente encore pour des milliers d’enfants béninois un combat administratif au quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement, ces dernières années, le Bénin a fait de cette question une priorité à travers diverses actions concrètes visant à renforcer et à rendre surtout plus accessible la déclaration de naissance, pour offrir à chaque enfant béninois, les mêmes chances de sortir de l’anonymat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Droit à l’identité de l’enfant au Bénin&nbsp;: que dit le code de l’enfant&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit à l’identité est l’<a href="https://sentinelle-enfance.com/quels-sont-les-droits-fondamentaux-de-lenfant-reconnus-par-le-code-de-lenfant-en-republique-du-benin-2/">un des droits fondamentaux</a> reconnus à l’enfant en République du Bénin. Promulguée le 08 décembre 2015, la loi n° 2015-08 du 08 décembre 2015 dispose en son article 17, alinéa b que tout enfant a le droit «&nbsp;<strong><em>de posséder une identité et une nationalité dès sa naissance&nbsp;</em></strong>». Ce droit se décline en des garanties aussi simples que concrètes&nbsp;:</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le droit à un nom et à une nationalité</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dès la naissance, chaque enfant a droit à une identité propre composée d’un nom de famille, d’un ou plusieurs prénoms. Des éléments supplémentaires comme le sexe, le lieu et la date de naissance ainsi que la nationalité font également partie de son identité (article 25 alinéa 1). &nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’obligation de déclaration de naissance</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’identité de l’enfant est assujettie à la déclaration de naissance. Il s’agit d’une formalité administrative obligatoire pour les parents dès la naissance d’un enfant. Le code impose à tout parent d’effectuer cette déclaration dans les 21 jours suivant l’accouchement. Toutefois, depuis 2021, à travers la <a href="https://sgg.gouv.bj/doc/loi-2020-34/">loi N° 2020 -34 du 06 janvier 2021</a>, le délai a été prolongé et est désormais fixé à trente (30) jours. &nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">La gratuité et la non-discrimination</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration de naissance représente au Bénin une procédure gratuite et un droit accessible à tous les enfants, quelles que soient leur origine, leur statut social, la situation des parents ou encore les conditions de naissance. D’ailleurs, pour les enfants issus de parents inconnus, l’article 19 dispose que le Procureur de la République territorialement compétent est l’autorité habilitée à faire la déclaration de naissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les piliers de ce droit élémentaire pour les enfants au Bénin reposent principalement sur la Convention Internationale des Droits de l’Enfant CIDE (Article 7&nbsp;; 8) et sur la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (article 6). Ces deux documents reconnaissent également le droit à un nom, à une nationalité et à une identité complète pour tout enfant dès sa naissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Droit à l’identité de l’enfant : où en est le Bénin&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les dispositions énoncées plus haut, des milliers d’enfants béninois ne disposent toujours pas d’acte de naissance. Pour diverses raisons, certains parents ne parviennent pas à déclarer leur enfant dans les délais définis par la loi. Avant les réformes initiées ces dix dernières années pour simplifier le processus, la seule voie de recours pour les enfants ou les personnes dans ce genre de situation restait le jugement supplétif d’acte de naissance. Il s’agit d’un document issu d’une décision judiciaire permettant de régulariser une absence d’acte de naissance. Il sert à prouver légalement la naissance et permet ensuite de transcrire l’acte dans le registre d’état civil, créant ainsi un document officiel pour la personne concernée. La procédure pouvait s’étendre sur plusieurs mois en fonction de la complexité du dossier et de la charge du tribunal. En outre, elle reste coûteuse et peu accessible à certaines familles, surtout celles vivant dans les zones rurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Heureusement de nombreuses avancées tant juridiques que technologiques ont été effectuées ces dernières années, permettant désormais de simplifier la déclaration de naissance aussi bien pour les personnes qui le font dans les délais impartis que pour celles l’ayant dépassé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’enregistrement dérogatoire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://sgg.gouv.bj/doc/decret-2025-679/">décret N° 2025-679 du 29 octobre 2025</a> définissant les modalités pratiques de l’enregistrement dérogatoire à l’état civil des naissances des enfants âgés de treize (13) ans au plus et des décès intervient dans un contexte où les voies de régularisation pour les enfants ne disposant pas d’acte de naissance restent assez limitées. Ce décret met en place une possibilité d’enregistrement dérogatoire pour les enfants jusqu’à l’âge de treize (13) ans sans avoir besoin de passer par la procédure judiciaire classique. Cette disposition s’inscrit dans une idée de continuité de la <a href="https://sgg.gouv.bj/doc/loi-2017-08/">loi n° 2017-08 du 19 juin 2017</a> portant identification des personnes physiques et de la stratégie nationale d’identification déployée par l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité ce décret vient surtout définir les contours pratiques du principe d’enregistrement dérogatoire déjà abordé par la loi n° 2020-34 du 06 Janvier 2021 dans son article 20 «&nbsp;<strong><em>Lorsqu&rsquo;un fait d&rsquo;état civil n&rsquo;a pas été déclaré dans les délais, il peut être procédé à son enregistrement dérogatoire à l&rsquo;état civil, après inscription au Registre national des personnes physiques</em></strong><em>&nbsp;». </em>Le décret s’intéresse particulièrement aux enfants âgés de 13 ans au plus. Mais il tient également compte des enfants avec des parents inconnus ou dont la déclaration n’a pas été faite dans les délais impartis.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La dématérialisation</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit à l’identité à travers la déclaration de naissance n’échappe pas au processus de dématérialisation initié ces dernières années dans le pays. Dans ce sens, plusieurs initiatives ont été prises pour faciliter et rendre surtout plus accessible la déclaration de naissance pour les familles béninoises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le 1<sup>er</sup> avril 2021&nbsp;, la tenue des registres papier et des cahiers de déclaration d&rsquo;état civil a été supprimé par la loi n° 2020-34 (article 19), pour basculer vers une gestion numérique centralisée au sein du Registre national des personnes physiques. Aussi, désormais, «&nbsp;<strong><em>l’agent accoucheur est agent de déclaration de naissance à l’état civil&nbsp;</em></strong>» (loi n° 2020-34, article 1er alinéa 3). Ainsi, désormais, la déclaration de naissance peut se faire directement au niveau des centres de santé après l’accouchement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la continuité de cette décision, le guichet unique de déclaration et d’enregistrement des naissances a été lancé en août 2025 par l’Agence Nationale d’Identification des Personnes ANIP avec l’appui de l’UNICEF et du projet WURI de la Banque mondiale. Le principe est simple&nbsp;: l’enregistrement de naissance du nouveau-né se fait directement à la maternité. Les parents reçoivent le Numéro Personnel d’Identification (NPI) du bébé par SMS dans les 48H suivant la déclaration. Ils peuvent ensuite télécharger l’acte de naissance sécurisé de l’enfant directement en ligne sans avoir besoin de se déplacer vers l’ANIP. La phase pilote qui a pris fin en février 2026 a concerné principalement 10 formations sanitaires et permet de faire passer le taux d’enregistrement des naissances de 21,95% (sur la période 2021-2025) à 76,56% en seulement six (06) mois de mise en pratique. Pour les départements ayant enregistré le plus faible taux de rendement, notamment ceux du Zou et de l’Alibori, il est prévu un dispositif complémentaire permettant aux parents de signaler une naissance par un SMS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit à l’identité va au-delà de la simple formalité administrative. Il s’agit de la première pierre d’une chaîne de protection de l’enfant. Sans acte de naissance, un enfant reste juridiquement invisible, privé dans les faits d’accès à l’école, aux soins et autres. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Bénin, les avancées effectuées ces dernières années, en partant de la suppression des registres papier à la mise en place du Guichet unique, en passant par l’enregistrement dérogatoire pour les enfants non déclarés à temps montrent une volonté claire de ne laisser aucun enfant béninois rester dans l’anonymat. Néanmoins, cette transformation ne sera complète que si elle atteint également les zones les plus reculées, où l’accès à un téléphone, ou à une formation sanitaire équipée reste encore un défi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marthe Carmelle OKOUMASSOUN</strong></p>
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