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		<title>Gratuité scolaire en Afrique : entre promesses et réalités (3/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 18:56:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique et politiques publiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la partie 1, on a montré les résultats concrets de la gratuité scolaire : plus d&#8217;enfants à l&#8217;école, plus de filles scolarisées, moins d&#8217;abandons. Dans la partie 2, on a vu ce qu&#8217;elle ne couvre pas : les coûts qui restent à la charge des familles. Cette partie 3 s&#8217;attaque à un autre problème [&#8230;]</p>
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<p class="has-pale-ocean-gradient-background has-background wp-block-paragraph">Dans la partie 1, on a montré les résultats concrets de la gratuité scolaire : plus d&rsquo;enfants à l&rsquo;école, plus de filles scolarisées, moins d&rsquo;abandons. Dans la partie 2, on a vu ce qu&rsquo;elle ne couvre pas : les coûts qui restent à la charge des familles. Cette partie 3 s&rsquo;attaque à un autre problème : les effectifs qui explosent pendant que les systèmes éducatifs peinent à suivre. Classes surchargées, enseignants en nombre insuffisant, infrastructures dépassées et insuffisantes, avec un effet direct sur ce que les enfants apprennent réellement à l&rsquo;école mais aussi sur les conditions d&rsquo;apprentissage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La gratuité scolaire en Afrique&nbsp;: les retombées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des résultats obtenus sur l’accès des enfants à l’école, l’indice de parité filles-garçons à l’école ou encore sur la réduction du taux d’abandon scolaire et des coûts persistants pour les familles, la scolarisation gratuite a eu des retombées notables sur le système scolaire dans de nombreux pays.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les classes prises d’assaut</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des retombées directes de la scolarisation gratuite réside dans le bond spectaculaire des effectifs au niveau des classes concernées par la mesure. En effet, l’extension rapide de la gratuité a souvent dépassé les capacités d’absorption des systèmes éducatifs.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le Ghana et le double-track system</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Au Ghana, le programme Free Senior High School (Free SHS) lancé en 2017 a entraîné une augmentation spectaculaire des effectifs, avec des ratios élèves-enseignant allant au-delà de 60&nbsp;:1 et parfois même 70&nbsp;:1 dans certaines écoles. En raison de ces effectifs, les élèves suivent les ours parfois en double shift (matin/après-midi). Dans un <a href="A%20social%20equity%20informed%20SWOT%20analysis%20of%20Ghana’s%20Free%20Senior%20High%20School%20policy%20from%202017%20to%202025%20|%20Discover%20Education%20|%20Springer%20Nature%20Link">article</a> de Mohammed Gunu Ibrahim, publié dans <em>Discover Education</em> en mars 2026, l’auteur indique que «&nbsp;<strong><em>face à l’augmentation rapide du nombre d’élèves, le Ghana a introduit le double-track system</em></strong>&nbsp;». Il s’agit d’un système consistant à faire fonctionner les établissements selon différents groupes/calendriers afin d’absorber d’avantage d’élèves avec les infrastructures existantes. Mais cette solution a tout de même eu des conséquences non négligeables&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la réduction du temps de contact entre les enseignants et les élèves,</li>



<li>la perturbation de la continuité pédagogique,</li>



<li>la pression doublée sur les enseignants et les élèves</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">A l’instar du Ghana, de nombreux autres pays africains ont connu une explosion des effectifs après l’annonce de la mesure de la gratuité. Mais l’augmentation très rapide du nombre d’élèves a créé des tensions importantes sur le système éducatif dans l’ensemble des pays concernés par cette réforme.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une pénurie d’enseignants et la dégradation des conditions de travail</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La gratuité à travers l’explosion des effectifs, a accru la demande enseignants. Toutefois, les recrutements et la formation n’ont pas suivis. On assiste alors à des ratios élèves-enseignants très élevés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Ouganda et en Tanzanie, les effectifs sont passés respectivement de 2,7 millions en 1996 à 5,3 millions en 1997 et de 4,8 millions en 2001 à 7,8 millions en 2007. En Ouganda, cette augmentation a notamment conduit à des classes de 80 à 100 élèves avec un seul enseignant. Certains établissements ont dû mettre en place un système de rotation pour gérer la surcharge. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Un système éducatif sous tension</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour combler le déficit souvent criant d’enseignants, certains pays ont effectués des recrutements en urgence pour combler les postes vacants. En Tanzanie, l&rsquo;augmentation rapide des inscriptions liée à la gratuité de l&rsquo;éducation n&rsquo;a pas été accompagnée d&rsquo;un recrutement proportionnel d&rsquo;enseignants. Dans les écoles étudiées à Dodoma dans le cadre d’une étude portant justement <a href="https://www.ijasr.org/paper/68cd1c0d3d7a7.pdf">sur les challenges face à l’implémentation de l’éducation gratuite dans les écoles primaires de Dodoma en Tanzanie</a>, cette situation a entraîné une forte détérioration du ratio élèves/enseignant et une surcharge de travail pour les enseignants. L&rsquo;étude recommande ainsi de renforcer le recrutement afin d&rsquo;absorber la croissance des effectifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour gérer la charge de travail accrue avec les effectifs, les devoirs scolaires sont réduits et les évaluations simplifiées ; ce qui affaiblit grandement l’apprentissage des enfants.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" width="1024" height="683"  alt="" class="wp-image-443"/ loading="eager" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-1024x683.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-1024x683.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-300x200.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-768x512.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-1536x1024.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-2048x1365.jpg 2048w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-fatima-yusuf-323522203-15772957-1-1320x880.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">L’insuffisance des infrastructures et le manque de matériel pédagogique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans de nombreux pays, la réforme de la gratuité n’a pas été accompagnée d’investissements proportionnels en infrastructures et en équipements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, au Ghana, les dortoirs du secondaire accueillent parfois trois élèves par lit initialement prévu pour deux. En Tanzanie, de nombreuses écoles ont dû construire des salles de classes en matériaux temporaires ou encore utiliser les espaces extérieurs pour absorber les nouveaux élèves. De même, de part et d’autre, les toilettes, les cantines ou encore les bibliothèques se révèlent insuffisants avec des ratios de 100 élèves par toilettes dans certaines écoles des zones rurales. Un rapport de la Banque Mondiale datant de 2024 indique qu’en Tanzanie «&nbsp;<strong><em>l’abolition des frais fonctionnent souvent sans bureaux suffisants, ce qui pousse les élèves à s’asseoir par terre ou à partager des places limitées&nbsp;</em></strong>».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" width="683" height="1024"  alt="" class="wp-image-442" style="aspect-ratio:0.6669925284547169;width:632px;height:auto"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-683x1024.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-683x1024.jpg 683w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-200x300.jpg 200w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-768x1152.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-1024x1536.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-1365x2048.jpg 1365w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-1320x1980.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31747999-scaled.jpg 1707w" sizes="auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Un <a href="file:///C:/Users/Lenovo%20T470s/Downloads/46.pdf">rapport</a> portant sur l’impact de la politique de la gratuité de l’éducation en Afrique de l’Est   indique des « <strong><em>pénuries chroniques de manuels scolaires et de fournitures pédagogiques, particulièrement dans les établissements ruraux et périurbains</em></strong> ». Parfois, un manuel est partagé par 5 ou 10 élèves à la fois. Cette réalité oblige parfois les enseignants à improviser des supports pédagogiques ou à simplement réduire le contenu enseigné.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La pauvreté des apprentissages</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La stagnation ou le déclin des résultats d’apprentissage au niveau des enfants est la suite logique des conséquences citées plus haut. Les enfants sont « <strong><em>peu enseignés »</em></strong> en raison de la réduction du temps d’instruction, des feedback individuels et du soutien aux enfants en difficulté, indique une étude intitulée <strong><u><a href="https://www.mdpi.com/2071-1050/16/7/2657">Barriers and Challenges Affecting Quality Education (Sustainable Development Goal #4) in Sub-Saharan Africa by 2030</a>.</u></strong> Une autre <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/dvr2.70053">étude</a> informe qu’en Afrique subsaharienne, « <strong><em>88% des enfants sont en situation de pauvreté des apprentissages</em></strong> » ; c’est-à-dire que ces enfants sont « <strong><em>incapables de lire et de comprendre un texte simple à 10 ans</em></strong> ». Au Cameroun, ce taux atteint <a href="https://awakendestiny.org/fr/publications/education-cameroun-etat-des-lieux-2026">72%</a> dans le primaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les effectifs trop grands pour les salles de classe rendent impossible d’apprentissage et saturent l’enseignant qui devient incapable d’assurer un réel suivi et d’apporter suffisamment de soutien à chaque élève. Le redoublement utilisé comme solution palliative ne règle rien finalement. Au contraire, cette option augmente les coûts, crée du découragement chez les enfants sans pour autant améliorer les résultats.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les tensions financières et une plus forte dépendance aux bailleurs</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La politique de la gratuité est en réalité soutenue par les états, ce qui accroît la pression budgétaire au niveau de ces derniers. Au Ghana par exemple, un <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s44217-026-01354-8?">article</a> de <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s44217-026-01354-8?#auth-Mohammed_Gunu-Ibrahim-Aff1">Mohammed Gunu Ibrahim</a>&nbsp; révèle que le programme Free SHS représente 2 à 3% du PIB par an. Ce qui est quand même une part considérable du budget national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, de nombreux pays sont dans l’incapacité de financer à eux seuls la gratuité scolaire sans aide extérieure. Ils sont souvent obligés de faire appels à des partenaires financiers comme la Banque mondiale, l’UNESCO ou encore à des partenaires bilatéraux. Cette dépendance rend les programmes vulnérables aux changements de priorités des donateurs et aux fluctuations de l’aide internationale. En RDC, le projet PERSE/EESSE pour soutenir la scolarisation gratuite dans le pays a mobilisé 800 millions de dollars de la Banque mondiale.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les autres conséquences</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il est indéniable que la gratuité de l’enseignement en Afrique a permis des avancées historiques en matière d’accès à l’éducation, avec des millions d’enfants supplémentaires scolarisés, en particulier les filles mais aussi les enfants issus des milieux défavorisés. Cependant, cette réussite quantitative masque encore les nombreux défis structurels majeurs qui menacent la durabilité et l’équité des systèmes éducatifs. Les vulnérabilités politiques et économiques représentent également un défi majeur. En effet, les crises budgétaires, les ajustements économiques ou encore les alternances de gouvernement peuvent remettre en cause la continuité des programmes ou les réajuster comme observé au Ghana en <a href="https://www.modernghana.com/news/1527780/the-politics-of-a-free-desk-how-free-shs-became.html">2024</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la gratuité officielle, les abandons scolaires se sont multipliés et ont même augmenté dans certaines régions. Les raisons de cette réalité sont liées aux coûts indirects souvent trop lourds pour les familles. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une gratuité scolaire durable et équitable en Afrique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour que la gratuité scolaire ne reste pas un simple mirage et porte réellement des fruits, plusieurs réformes sont actuellement nécessaires.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’augmentation du financement public de l’éducation pour atteindre au moins 20% du budget national come proposé par l’<a href="https://www.unesco.org/gem-report/en/docs/2023-education-and-gender-equality">UNESCO</a>.</li>



<li>Le recrutement et la formation des enseignants qualifiés avec des primes incitatives</li>



<li>La <a href="https://research.unilus.ac.zm/server/api/core/bitstreams/e1cc7d58-f371-4cc4-8d0c-35bd4c7ba65c/content">mise à disposition d’infrastructures de qualité</a> (salles de classe, toilettes, cantines, bibliothèques.) pour absorber la croissance des effectifs et garantir des conditions d’apprentissage décentes.</li>



<li>La fourniture gratuite des manuels et des fournitures aux élèves</li>



<li>La mise en place de bourses ciblées pour les enfants issus de milieux défavorisés, les filles et les enfants en situation de handicap</li>



<li>Le renforcement de la gouvernance et la transparence pour contrer les systèmes de fraude, détournement et autres</li>



<li>Le suivi des apprentissages avec des évaluations à intervalles régulières.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, la gratuité en Afrique représente un moyen au service d’un objectif à la fois noble et essentielle au développement du continent&nbsp;: garantir à chaque enfant, un accès réel à une éducation de qualité, inclusive et porteuse d’opportunités. Cependant, sans réformes structurelles fortes et ambitieuses, les promesses et les engagements de 2000-2026 ne resteront qu’à l’état de promesses pendant que les inégalités continueront de se creuser davantage. En 2026, l’enjeu n’est plus seulement d’inscrire les enfants à l’école, mais de les y maintenir et surtout, de les y faire apprendre et de leur offrir à travers l’éducation un avenir digne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>O. Marthe Carmelle OKOUMASSOUN</strong></p>
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		<title>Gratuité scolaire en Afrique : entre promesses et réalités (2/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Sep 2026 13:59:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique et politiques publiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la partie 1, on vous a montré les résultats concrets de la gratuité scolaire : plus d&#8217;un million d&#8217;enfants à l&#8217;école au Kenya, des millions d&#8217;élèves de plus en RDC, une parité filles-garçons en nette progression. Mais la gratuité affichée dans les textes ne se traduit pas toujours par une gratuité vécue dans les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-vivid-cyan-blue-color has-pale-ocean-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-2 wp-block-paragraph">Dans la partie 1, on vous a montré les résultats concrets de la gratuité scolaire : plus d&rsquo;un million d&rsquo;enfants à l&rsquo;école au Kenya, des millions d&rsquo;élèves de plus en RDC, une parité filles-garçons en nette progression. Mais la gratuité affichée dans les textes ne se traduit pas toujours par une gratuité vécue dans les foyers. Dans cette partie 2, on vous montre ce qu&rsquo;elle ne couvre pas et les coûts qui continuent de peser sur les familles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les limites de la gratuité scolaire&nbsp;: ce qu’elle ne couvre pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est indéniable que la gratuité a des résultats évidents sur l’accès des enfants à l’école. Néanmoins, la suppression des frais de scolarité au primaire comme au secondaire dans certains pays reste insuffisant pour assurer une entière gratuité de l’école pour les familles. Cette mesure, quoique salvatrice pour des milliers de familles dans de nombreux pays, ne supprime malheureusement pas tous les obstacles financiers, sociaux, et structurels. En témoignent les réalités dans certains pays africains.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="768"  alt="" class="wp-image-423"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1024x768.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1024x768.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-300x225.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-768x576.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1536x1152.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-2048x1536.jpg 2048w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1320x990.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Au Libéria</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au Libéria, avant l’instauration en 2011 de la gratuité obligatoire du primaire à la 9<sup>e</sup> année à travers <strong>l’Education Reform Act</strong>, l’accès à l’école était un réel défi pour les enfants libériens qui, fautes de moyens financiers, commençaient souvent l’école très tard. Cependant, malgré la gratuité, de nombreuses écoles publiques continuent de percevoir des frais d’inscription obligatoires et d’autres contributions informelles. Ces coûts «&nbsp;<strong><em>rendent souvent la scolarisation inaccessible ou engendrent de graves difficultés</em></strong>&nbsp;» affirme Human Rights Watch dans <strong><em><u>Without Education, There Will Be Nothing” School Fees and other Barriers to Education in Liberia</u>.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les coûts supplémentaires peuvent s’étendre jusqu’à 40 dollars par enfant chaque année. Ce montant exclut déjà d’office les ménages plus pauvres. Heureusement, en Août 2026, le gouvernement libérien prend à corps le problème en annonçant une nouvelle mesure visant à renforcer la gratuité de 2011. Ainsi, désormais, tous les frais d’inscription dans m’ensemble des écoles publiques à compter de l’année scolaire 2026-2027 seront supprimés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="684"  alt="" class="wp-image-425"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-1024x684.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-1024x684.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-300x200.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-768x513.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-1536x1025.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-2048x1367.jpg 2048w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-tosin-olowoleni-2148141635-34211747-1320x881.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Au Kenya</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de la gratuité instaurée en 2003 et qui a eut des résultats spectaculaires en matière d’accès à l’école, de réduction du taux d’abandon scolaire et autres, la réalité pour les familles reste quelque peu nuancée. En effet, les ménages kenyans continuent de payer des frais supplémentaires qui finalement s’avèrent non négligeables et difficiles en particulier pour les familles pauvres en particulier dans les zones rurales. Humanium dans un rapport publié en 2024 et intitulé &nbsp;<a href="https://www.humanium.org/en/how-free-is-public-education-the-hidden-costs-of-free-education-in-kenya/">How ‘free’ is public education ? The hidden costs of free education in Kenya</a>&nbsp; indiquait que plusieurs conjonctures liées notamment à l’économie et aux infrastructures éducatives ont permis «&nbsp;<strong><em>aux écoles de trouver des moyens de faire peser les coûts sur les enfants et leurs familles</em></strong>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les coûts supplémentaires sont en réalité des frais cruciaux et essentiels concernant notamment&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les frais d’inscription</li>



<li>Le matériel scolaire (uniformes, papeterie, manuels scolaires, cahiers d’exercice…)</li>



<li>Les activités extrascolaires (les sorties scolaires, les activités pratiques…)</li>



<li>Les frais d’examen ;</li>



<li>Les coûts pratiques y compris le transport</li>



<li>L’hébergement et la subsistance pour les externes et/ou les internes</li>



<li>Les soins de santé en cas de maladie ou de blessure à l’école.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Une <a href="https://khrc.or.ke/author/elimu-bora-working-group/">enquête</a> menée en 2025 par l’<strong>Elimu Yetu Coalition</strong> et le <strong>Kenya Human Rights Commission (KHRC)</strong> révèle que&nbsp;: les frais supplémentaires sont particulièrement élevés dans les zones urbaines et peuvent varier de 500 à 25000 shillings kenyanes (KSh) par enfant, soit environ 2500 à 110&nbsp;000 fcfa. Ces coûts peuvent être encore plus coûteux dans l’enseignement secondaire où les matières et les activités scolaires sont plus nombreuses.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="682"  alt="" class="wp-image-434"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-1024x682.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-1024x682.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-300x200.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-768x512.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-1536x1024.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-2048x1365.jpg 2048w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-joseph-aduratomi-8100269-14457073-1320x880.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Au Cameroun</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis février 2001, le Cameroun a officiellement instauré la gratuité au niveau de l’enseignement primaire public par décret présidentiel pour la rentrée scolaire 2000-2001. Seulement comme au Kenya ou encore au Libéria et dans de nombreux autres pays africains, les coûts supplémentaires restent encore d’actualité et représentent de gros défis pour les familles. Rien que pour l’inscription, les frais peuvent varier entre 20&nbsp;000 et 32&nbsp;500 FCFA par enfant en fonction des écoles et des régions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, un décret signé dans la même année que celui de la gratuité, relatif au versement des frais d’Association des Parents d’Elèves et Enseignants APEE. Ces frais oscillent entre 2000 et 12&nbsp;000 fcfa par enfant par an. Ces frais sont censés couvrir les besoins de l’enseignement non couverts par l’Etat&nbsp;: les craies, les produits d’entretien les petites réparations et autres. En réalité, les APEE «&nbsp;plombent la gratuité de l&rsquo;école primaire décrétée depuis février 2001 par le Président de la République&nbsp;» indique le site d’information <a href="https://fr.allafrica.com/stories/202310090340.html">allAfrica</a>. &nbsp;Selon une <a href="The%20Protection%20of%20the%20Rights%20of%20the%20Child%20to%20Education%20in%20Cameroon:%20A%20Legal%20Perspective.">étude</a>, les ménages camerounais supportent ainsi 43% des dépenses totales d’éducation primaire à travers les cotisations APEE et les fournitures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des constats similaires sont documentés au Malawi, ou encore en République Démocratique du Congo RDC. Finalement, la gratuité des frais de scolarité ne suffit pas à rendre l’école financièrement accessible&nbsp;; en particulier pour les familles pauvres. Pour ces dernières, financer les besoins élémentaires liées à l’achat des uniformes, des livres, cahiers et manuels scolaires, ou encore assurer la nourriture et le transport représentent de véritables défis. En conséquence, certains enfants fréquentent l’école de manière irrégulière ou abandonnent leur scolarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, la gratuité, au-delà de son aspect partiel et des nombreuses retombées qu’elle peut avoir, crée des problèmes et accentue des réalités rendant encore plus difficile l’instruction pour les enfants.</p>
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		<title>Gratuité scolaire en Afrique : entre promesses et réalités (1/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 00:37:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique et politiques publiques]]></category>
		<category><![CDATA[Scolarité et formation]]></category>
		<category><![CDATA[DROIT]]></category>
		<category><![CDATA[EDUCATION]]></category>
		<category><![CDATA[ENFANT]]></category>
		<category><![CDATA[Kenya]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’éducation est un droit fondamental reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Pourtant, en Afrique, ce droit reste encore un combat du quotidien pour des millions d’enfants exclus du système scolaire. Cette exclusion est liée à de nombreux facteurs variant d’un pays à un autre. Toutefois, la raison qui revient souvent est celle [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph">L’éducation est un droit fondamental reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Pourtant, en Afrique, ce droit reste encore un combat du quotidien pour des millions d’enfants exclus du système scolaire. Cette exclusion est liée à de nombreux facteurs variant d’un pays à un autre. Toutefois, la raison qui revient souvent est celle liée aux coûts directs et indirects que les familles doivent assumer, souvent avec difficulté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement, à travers la Stratégie Continentale de l’Education de l’Union Africaine, la gratuité scolaire a été explicitement reconnue et intégrée comme un levier fondamental pour garantir l’inclusion et l’équité. Une annonce relayée et mise en place par de nombreux pays signataires de ladite stratégie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais dans les faits, la gratuité affichée dans les textes et celle vécue par les familles ne se recoupent pas toujours.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gratuité scolaire en Afrique&nbsp;: que dit la Stratégie Continentale de l’éducation de l’Union Africaine&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://au.int/sites/default/files/newsevents/workingdocuments/33178-wd-cesa_-_french_-final.pdf">Stratégie continentale de l’éducation pour l’Afrique</a> (CESA) adoptée par l’Union africaine en 2016 pour la décennie 2016-2025 a pour but de transformer les systèmes éducatifs et de formation en Afrique. Elle intègre plusieurs aspects essentiels dont la gratuité scolaire. Dans ce sens, il s’agit pour les états signataires de parvenir d’ici 2025 à douze (12) années d’enseignement primaire et secondaires gratuites pour chaque enfant avec au moins une (01) année de préscolaire elle aussi gratuite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette décision s’appuie principalement sur l&rsquo;article 28 de la Convention relative aux droits de l&rsquo;enfant et sur l&rsquo;article 11 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l&rsquo;enfant, qui font tous deux de l&rsquo;éducation de base gratuite et obligatoire une obligation pour les États. Pour la CESA 2026-2025, la réforme a été reconduite et l’objectif élargi. Même si la mesure reste commune, son application reste individuelle à chaque état membre. C’est en partie ce qui explique les écarts observés d’un pays à l’autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’application de la gratuité scolaire en Afrique&nbsp;: résultats obtenus</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’application de la suppression des frais de scolarité en Afrique a eu dans de nombreux pays, des résultats visibles, voire spectaculaires.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="683"  alt="" class="wp-image-428"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-1024x683.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-1024x683.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-300x200.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-768x512.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-1536x1024.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-2048x1365.jpg 2048w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-swahili-studios-2151583083-31748014-1320x880.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Kenya&nbsp;: la gratuité à travers le ‘’Free Primary Education’’ FPE</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Instauré en 2003, Le FPE a pour but de rendre l’école accessible aux enfants issus des familles pauvres et aux populations historiquement défavorisées. Avant cette réforme, les frais de scolarité représentaient un obstacle important à la scolarisation de nombreux enfants. Cette mesure rendant gratuite la scolarité au primaire, a entraîné l’arrivée de « <strong><em>plus d’un million de nouveaux élèves se sont présentés dans les écoles primaires publiques du Kenya</em></strong> » indiquent les auteurs de <a href="https://books.openedition.org/africae/2054">Le Kenya en marche 2000-2020 </a>». Aussi, elle a permis de réduire le taux d’abandon scolaire la faisant passer de 4,9% en 1999 à 2% en 2003.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mesure étendue 05 ans plus tard au secondaire, couplée à de nombreuses autres réformes dans le secteur comme au <a href="https://sentinelle-enfance.com/le-droit-a-leducation-de-lenfant-et-lobligation-scolaire-au-benin-etat-des-lieux/">Bénin</a> d’ailleurs, ont permis au Kenya de figurer au nombre des pays africains avec les meilleurs indices de parité de la région avec autour de 94 à 98 filles scolarisées pour 100 garçons. Le pays avait également en 2012 un taux officiel de scolarisation net de 81,8% dans le primaire et de 50% dans le secondaire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="768"  alt="" class="wp-image-423"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1024x768.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1024x768.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-300x225.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-768x576.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1536x1152.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-2048x1536.jpg 2048w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/09/pexels-uniqueerique-6346833-1320x990.jpg 1320w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">La RDC soutenue par la Banque Mondiale</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En République Démocratique du Congo instaure  la gratuité de l’enseignement primaire public en 2019. La Banque Mondiale soutien l&rsquo;initiative à travers le projet PERSE/EESSE. Ainsi, ladite réforme a permis d’accroitre les effectifs dans les écoles. Selon le ministère de l’Education, le nombre d’élèves inscrits dans les écoles publiques est passé de <strong>14,2 millions en 2018–2019</strong> à <strong>17,9 millions en 2020–2021</strong>, soit <strong>+3,7 millions d’élèves supplémentaires</strong> en deux ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La gratuité a particulièrement bénéficiée aux filles et aux enfants issus de ménages défavorisés. Selon l’<a href="https://acp.cd/province/gratuite-de-lenseignement-au-kasai-central-augmentation-des-filles-observee-dans-deux-ecoles/">Agence Congolaise de Presse</a> ACP, «&nbsp;<strong><em>la gratuité de l’enseignement de base a contribué à l’augmentation des effectifs des filles</em></strong> »&nbsp;dans certaines écoles primaires du Kasaï Central. À l’échelle nationale, la parité filles-garçons a été atteinte en termes de taux brut et net de scolarisation dans le primaire, les filles ayant « <strong><em>rattrapé</em></strong> » les garçons grâce à la suppression des frais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des résultats semblables sont observés notamment au Cameroun, en Tanzanie ou encore au Malawi. Quoiqu’on en dise, la gratuité dans l’enseignement aussi bien primaire que secondaire a des retombées positives. Toutefois, ces retombées connaissent de réelles limites dans l’application de la mesure elle-même et crée d’autres problèmes dans l’enseignement.</p>
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		<title>Exploitation sexuelle des enfants : une urgence mondiale, une responsabilité africaine (3/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 14:49:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits et protection de l'enfant]]></category>
		<category><![CDATA[ENFANT]]></category>
		<category><![CDATA[exploitation sexuelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les défis et les freins à la lutte contre l&#8217;exploitation sexuelle des enfants en Afrique Dans les deux premiers volets de ce dossier, nous avons posé la définition de l&#8217;exploitation sexuelle des enfants, ses différentes formes, ainsi que le cadre juridique international, régional et national censé la combattre. Reste une question essentielle : pourquoi, malgré [&#8230;]</p>
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<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="has-blush-light-purple-gradient-background has-background wp-block-paragraph"><strong>Les défis et les freins à la lutte contre l&rsquo;exploitation sexuelle des enfants en Afrique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans les deux premiers volets de ce dossier, nous avons posé la définition de l&rsquo;exploitation sexuelle des enfants, ses différentes formes, ainsi que le cadre juridique international, régional et national censé la combattre. Reste une question essentielle : pourquoi, malgré cet arsenal, le phénomène persiste-t-il ? Ce dernier volet fait le point sur les obstacles qui freinent encore la lutte sur le continent.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L&rsquo;exploitation sexuelle des enfants est un problème crucial qui retient de plus en plus l&rsquo;attention. Malgré les initiatives, les projets et les lois, de nombreux défis freinent encore la lutte efficiente contre ce fléau en Afrique.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">La pauvreté et la vulnérabilité économique des familles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La pauvreté représente l&rsquo;une des premières raisons d&rsquo;exploitation sexuelle des enfants en Afrique. Elle fait des enfants des ressources économiques pour certains réseaux criminels. Mais dans de nombreux pays africains, les familles, et en particulier les parents, sont les premiers instigateurs de l&rsquo;exploitation sexuelle de leurs enfants. L&rsquo;African Child Policy Forum (ACPF), dans son rapport 2020 intitulé <em><a href="https://africanchildforum.org/resourcecentre/wp-content/uploads/2025/06/Exploitation-sexuelle-des-enfants-en-Afrique-Une-urgence-silencieuse.pdf">Exploitation sexuelle des enfants en Afrique — Une urgence silencieuse,</a></em> affirme que « <strong><em>de nombreux enfants seraient contraints d&rsquo;avoir des rapports sexuels monnayés avec des hommes plus âgés pour subvenir aux besoins de leur famille, parfois au su de leurs parents, dans ce que l&rsquo;on appelle parfois « le sexe de survie »</em></strong> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certains cas, il s&rsquo;agit de choix personnels faits principalement en raison de la pauvreté. Par exemple au Niger « <strong><em>les garçons ayant connu des « rapports sexuels monnayés » avaient souvent été motivés par la nécessité d&rsquo;avoir de l&rsquo;argent pour s&rsquo;offrir de la nourriture et d&rsquo;autres produits de première nécessité, de payer les frais de scolarité et les fournitures scolaires et d&rsquo;acheter des appareils électroniques à la mod</em></strong>e »; indique le même rapport. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Les réseaux criminels et la traite frontalière</h2>



<p class="wp-block-paragraph">« <strong><em>En Afrique de l&rsquo;Ouest, les enfants représentent plus de 60 % des victimes de la traite</em></strong> », affirmait Amado Philip de Andrés, Représentant régional de l&rsquo;Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), à l&rsquo;occasion de la Journée mondiale de lutte contre la traite des personnes en 2024, en indiquant que <strong><em>34 % des victimes</em></strong> de la traite faisaient l&rsquo;objet d&rsquo;exploitation sexuelle. La porosité des frontières africaines et la corruption participent grandement à la traite des enfants. Ces manquements profitent aux réseaux transnationaux d&rsquo;exploitation. S&rsquo;agissant d&rsquo;un problème régional, le contrôle, de même que les moyens de lutte n&rsquo;étant pas coordonnés entre les pays, il devient très difficile de contrer le phénomène.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les lacunes dans l&rsquo;application des lois</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;application des lois au niveau national reste encore assez inégale dans chaque pays. Les poursuites judiciaires restent limitées, faute de moyens, de formation des acteurs judiciaires ou de cadre précis. Par exemple, si le Kenya a adopté en 2006 le <em><a href="https://probation.go.ke/sites/default/files/downloads/The%20Sexual%20Offences%20Act%20No%203%20of%202006.pdf">Sexual Offences Act</a></em>, qui criminalise la prostitution impliquant des enfants ainsi que le tourisme sexuel, avec des peines pouvant aller jusqu&rsquo;à 10 ans ou plus, « <strong><em>il existe très peu de lois qui criminalisent explicitement les abus de pouvoir, d&rsquo;autorité, de contrôle et de confiance dans l&rsquo;exploitation sexuelle des enfants</em></strong> », indique l&rsquo;ACPF dans le rapport cité plus haut. Parfois, malgré l&rsquo;existence d&rsquo;un cadre précis pour l&rsquo;application des lois, la corruption du système judiciaire, les difficultés d&rsquo;enquête ou encore la peur des représailles empêchent souvent les victimes de porter plainte et les procédures d&rsquo;être menées à leur terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le tourisme sexuel impliquant des enfants</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tourisme s&rsquo;est largement développé ces dernières années dans de nombreux pays africains. Cet afflux est un couteau à double tranchant : il permet à la fois de générer de la croissance économique, mais entraîne une plus forte exposition des enfants à l&rsquo;exploitation sexuelle commerciale. Dans le monde, 3 millions de personnes voyagent pour avoir des rapports sexuels avec des enfants. Même si dans tous les pays du monde le tourisme sexuel impliquant des mineurs constitue un crime, dans certains pays le sujet reste encore tabou. Certaines localités représentent des destinations de choix pour les prédateurs sexuels, qui « y sévissent souvent en toute impunité, du fait de l&rsquo;absence de mécanismes de contrôle, de sanctions des exploitants et de protection des enfants », souligne l&rsquo;UNICEF.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;émergence des nouvelles technologies d&rsquo;information et de communication</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le développement et la facilité d&rsquo;accès à internet dans les pays africains, la diffusion rapide de contenus prend une ampleur exponentielle, ce qui expose de plus en plus les enfants à :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la pornographie infantile ;</li>



<li>le chantage sexuel ;</li>



<li>le recrutement en ligne.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Les experts soulignent que les enfants sont de plus en plus exposés aux risques liés à internet, alors même que les mécanismes de cybersécurité restent limités.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les situations de conflit et d&rsquo;insécurité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son <a href="https://fondationscelles.org/pdf/RM5/DOSSIER_DE_PRESENTATION_Rapport_mondial_2019_sur_lexploitation_sexuelle_FONDATION_SCELLES.pdf">5e rapport mondial sur l&rsquo;exploitation sexuelle</a>, la Fondation Scelles soutient que « <strong><em>les conflits armés, les catastrophes naturelles, les discriminations ethniques, les migrations s&rsquo;accompagnent de violences sexuelles, parfois systématiques</em></strong> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, dans les zones de conflit, les enfants déplacés sont particulièrement vulnérables à l&rsquo;exploitation sexuelle, ce qui crée un environnement favorable aux trafiquants. Ainsi, en République démocratique du Congo, en raison du conflit qui crée à la fois insécurité économique et instabilité, de jeunes adolescentes sont recrutées dans la prostitution autour des sites miniers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;insuffisance de structures d&rsquo;accueil et de réinsertion pour les victimes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De temps à autre, au détour d&rsquo;une initiative, d&rsquo;une plainte ou d&rsquo;une opération policière, des enfants sont sauvés et soustraits à leur calvaire. Néanmoins, les pays africains manquent souvent de centres d&rsquo;accueil spécialisés, de services psychologiques ou de cadres d&rsquo;écoute et de suivi, mais encore plus de programmes de réinsertion scolaire et professionnelle. Tout ceci complique grandement la réhabilitation durable des victimes et leur totale réinsertion dans la société.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les normes sociales et le tabou autour de l&rsquo;exploitation sexuelle des enfants</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans de nombreuses sociétés africaines, encore fortement influencées par les us et coutumes, les pesanteurs sociales et parfois religieuses, la sexualité et les violences sexuelles demeurent encore des sujets tabous. Tout ceci conduit les victimes à se murer dans le silence et à ne pas oser dénoncer, par peur de la stigmatisation. Dans certaines communautés, ces situations sont « <strong>réglées en famille</strong> » ou considérées comme « <strong>normales</strong> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce qu&rsquo;il faut retenir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays africains ont réalisé ces dernières décennies des avancées notables sur le plan juridique en matière de protection des enfants. Toutefois, la lutte contre l&rsquo;exploitation sexuelle des enfants reste encore confrontée à de nombreux défis, à la fois structurels, sociétaux et institutionnels. Une réponse efficace nécessite une approche globale combinant à la fois prévention, protection des victimes, coopération régionale et sensibilisation des communautés, mais aussi une législation forte incriminant à la fois les bourreaux et les éventuels complices ou instigateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marthe Carmelle OKOUMASSOUN </strong></p>
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		<title>Exploitation sexuelle des enfants : une urgence mondiale, une responsabilité africaine (2/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Sep 2026 07:38:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits et protection de l'enfant]]></category>
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<h1 class="wp-block-heading has-background" style="background:linear-gradient(96deg,rgb(255,206,236) 0%,rgb(111,110,222) 84%)">Le cadre juridique face au phénomène</h1>



<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans le premier volet de ce dossier, nous sommes revenus sur la définition de l&rsquo;exploitation sexuelle des enfants et sur les différentes formes qu&rsquo;elle prend, des réseaux de traite aux dérives permises par les nouvelles technologies. Place aujourd&rsquo;hui aux réponses juridiques que l&rsquo;Afrique a construites, au fil des décennies, pour tenter d&rsquo;endiguer le phénomène.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;Afrique face à l&rsquo;exploitation sexuelle des enfants</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Afrique, en raison de nombreux défis de développement auxquels elle est en proie, représente à divers niveaux un terreau fertile pour la prolifération des réseaux d&rsquo;exploitation sexuelle des enfants. Heureusement, de nombreuses conventions internationales, renforcées par des lois nationales propres à chaque pays, ont été initiées et mises en place pour contrer un tant soit peu le phénomène et offrir des cadres juridiques assez protecteurs pour les enfants.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les outils de protections communs aux états africains</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.unicef.fr/convention-droits-enfants/">Convention internationale des droits de l&rsquo;enfant</a> (CIDE) du 20 novembre 1989, ratifiée par 196 États dont la totalité des pays du continent africain, pose les bases claires en matière de protection des enfants contre <strong>toutes formes d&rsquo;exploitation et d&rsquo;abus sexuels</strong>. En effet, la CIDE reconnaît que les enfants, en raison principalement de leur vulnérabilité, nécessitent protection et soins adaptés. De même, conscients de l&rsquo;importance des jeunes générations dans le processus de développement d&rsquo;un pays, les États membres de l&rsquo;Union africaine, en adoptant le 31 janvier 2015 l&rsquo;<a href="https://au.int/fr/agenda2063/objectifs">Agenda 2063</a>, prévoient dans l&rsquo;article 49 de mettre d&rsquo;ici 2063 « <strong><em>les enfants au centre des préoccupations</em></strong> » en bannissant l&rsquo;ensemble des pratiques sociales néfastes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.acerwc.africa/sites/default/files/2026-03/ACRWC_FR.pdf">Charte africaine des droits et du bien-être de l&rsquo;enfant</a>, adoptée en juillet 1990, ratifiée par 38 pays africains et signée par 41, dispose notamment en son article 27 que les États parties de la charte s&rsquo;engagent « <strong><em>à protéger l&rsquo;enfant contre toute forme d&rsquo;exploitation ou de mauvais traitements sexuels</em></strong> » et s&rsquo;engagent en particulier à prendre des mesures pour empêcher ces pratiques sous toutes leurs formes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les outils de protection propres à chaque pays</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, chaque pays, en fonction de ses réalités, a au fil des années adopté également un certain nombre de lois entrant dans le cadre de la protection des enfants. Ces lois viennent renforcer les conventions et chartes ratifiées ou signées dans le même dessein. Au niveau de chaque pays, de nombreuses initiatives sont instaurées pour contrer son développement, mais aussi pour offrir des cadres d&rsquo;écoute et de soutien aux victimes en vue de leur réinsertion dans la société :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Le <a href="https://www.stjornarradid.is/library/03-Verkefni/Utanrikismal/Throunarsamvinna/uttektar-og-ryniskyrslur/FINAL%20REPORT_Mid-Term%20Evaluation_SOS%20CV%20TOGO_Eng%20Version.pdf">Togo</a> a par exemple mis en place une initiative visant à offrir des formations professionnelles aux enfants victimes pour faciliter leur réadaptation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Au <a href="https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000147846">Mozambique</a>, des unités spéciales pour enfants ont été mises en place dans les postes de police, avec pour but d&rsquo;identifier les victimes de la traite des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Le <a href="https://www.norc.org/content/dam/norc-org/pdf2024/behind-closed-doors-liberia.pdf">Libéria</a>, à travers une organisation locale, œuvre de concert avec les leaders communautaires pour identifier les filles victimes de commerce sexuel et les personnes les plus exposées à l&rsquo;exploitation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Au Bénin, l&rsquo;adoption de la Politique nationale de protection de l&rsquo;enfant 2026-2035 permettra assurément de renforcer le dispositif légal déjà existant en la matière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seulement, malgré l&rsquo;arsenal juridique et les actions mis en place et souvent renforcés à intervalles réguliers dans certains pays, l&rsquo;application des lois, mais aussi l&rsquo;éradication réelle de l&rsquo;exploitation sexuelle des enfants, connaît encore de nombreux freins.</p>
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		<title>Exploitation sexuelle des enfants : une urgence mondiale, une responsabilité africaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 05:58:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits et protection de l'enfant]]></category>
		<category><![CDATA[abus sexuels]]></category>
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		<category><![CDATA[exploitation sexuelle]]></category>
		<category><![CDATA[prostitution enfantine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Exploitation sexuelle des enfants : une urgence mondiale, une responsabilité africaine Depuis 2019, le 04 mars a été désigné comme la Journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle. Cette journée représente pour des dizaines de milliers d’activistes par le monde, une occasion de réaffirmer leur engagement dans la lutte contre ce fléau qui représente une [&#8230;]</p>
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<h1 class="wp-block-heading">Exploitation sexuelle des enfants : une urgence mondiale, une responsabilité africaine</h1>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Depuis 2019, le 04 mars a été désigné comme la Journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle. Cette journée représente pour des dizaines de milliers d’activistes par le monde, une occasion de réaffirmer leur engagement dans la lutte contre ce fléau qui représente une violation des droits humains mais aussi leur volonté commune de trouver des outils efficaces de protection des victimes et des survivants.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En droit international, l’exploitation sexuelle se définit comme «&nbsp;<strong><em>tout abus réel ou tenté d’une position de vulnérabilité, de pouvoir différentiel ou de confiance, à des fins sexuelles y compris, mais sans s’y limiter, le fait de tirer un profit monétaire, social ou politique de l’exploitation sexuelle d’une autre personne&nbsp;</em></strong>». On pourrait être tenté de croire que les victimes d’exploitation sexuelle sont principalement des personnes adultes, pourtant, il n’en est rien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quid de l’exploitation sexuelle des enfants&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme pour les adultes, l’exploitation sexuelle des enfants induit un certain <strong>rapport de force et de déséquilibre</strong>. Elle se réfère ici à des situations où <strong>une personne mineure de moins de 18 ans se retrouve contrainte ou incitée à échanger des actes ou des images de nature sexuelle contre des biens matériels comme de la nourriture, un logement, des vêtements, des drogues ou encore des biens non matériels comme la protection, l’amour ou un sentiment d’appartenance.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la convention des droits de l’enfant, l’exploitation sexuelle des enfants représente une violation des droits humains fondamentaux. En réalité, l’exploitation sexuelle représente la forme la plus répandue de traite des enfants. Selon L’Organisation Internationale du Travail OIT, les femmes et les filles représentaient en 2022&nbsp;«&nbsp;<strong><em>4,9 millions des personnes en situation d’exploitation sexuelle</em></strong>&nbsp;». Il s’agit d’une réalité commune à de nombreux pays aussi bien développés que sous-développés sans distinctions de races, de situation sociale ou d’ethnie qui prend racine dans de nombreux facteurs&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les violences sexistes et sexuelles alimentées par les stéréotypes et qui tendent à favoriser les garçons au détriment des filles dans de nombreuses cultures.</li>



<li>Le manque d’information sur les droits sexuels et reproductifs liés au manque d’accès à une éducation de qualité dans de nombreux pays, rendant les victimes dans l’impossibilité de se défendre et de se protéger contre toutes les formes d’exploitation sexuelle.</li>



<li>La pauvreté et l’exclusion sociale causées généralement par des conflits armés, des crises humanitaires, rendent les victimes plus vulnérables aux réseaux d’exploitation.</li>



<li>Les crises humanitaires et les situations d’urgence qui favorisent grandement les violences faites aux filles perpétrées souvent par des groupes armés, des trafiquants et autres acteurs profitant de leur situation de vulnérabilité.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Même si les filles sont les principales victimes de l’exploitation sexuelle, les garçons ne sont pas en reste. Mais comment se présente l’exploitation sexuelle des enfants en Afrique  au 21<sup>e</sup> siècle ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les différentes formes d’exploitations sexuelles des enfants en Afrique et dans le monde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son rapport intitulé <strong>exploitation et abus sexuels des enfants en Afrique de l’ouest et du centre</strong>, l’Unicef indique qu’il existe 04 formes principales d’exploitation sexuelle commerciale&nbsp;:</p>



<h3 class="wp-block-heading">La traite des enfants à des fins sexuelles</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Elle indique tous les actes liés au recrutement, au transport, à la réception, à l’hébergement ou au transfert d’enfants à l’intérieur ou au travers de frontières dans le but de les mettre dans une situation d’abus ou d’exploitation sexuelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La prostitution enfantine</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La prostitution enfantine indique le fait d’utiliser un enfant pour des activités sexuelles contres rémunération ou un quelconque avantage.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La pornographie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’acte de mettre en scène un enfant s’adonnant à des activités sexuelles explicites réelles ou simulées ou encore toute représentation d’organes sexuels d’enfant à des fins sexuelles.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le tourisme sexuel</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit de l’exploitation sexuelle d’un enfant par un ou plusieurs personnes étrangères ou autochtones se rendant dans un autre pays pour s’adonner à des pratiques sexuelles avec des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, ces dernières années, avec le développement des nouvelles technologies, de nouvelles formes d’exploitations sexuelles des enfants ont vus le jour et continuent d’ailleurs de se développer. Selon Mama Fatima Singhateh, Rapporteuse spéciale sur la vente d’enfants, l’exploitation sexuelle d’enfants et les abus sexuels  dans son <a href="https://www.ohchr.org/fr/documents/thematic-reports/ahrc6145-protecting-children-sale-sexual-exploitation-and-sexual-abuse">rapport d’activité 2026</a> intitulé <strong>Protéger les enfants contre la vente, l’exploitation sexuelle et les abus sexuels : progrès, nouveaux défis et perspectives</strong>, « <strong><em>les technologies existantes étaient utilisées à mauvais escient pour harceler sexuellement des enfants, enregistrer et diffuser des photos et des vidéos sans le consentement des intéressés, produire des contenus montrant des abus sexuels sur enfants, soumettre des enfants à un chantage sexuel et diffuser en direct des abus sexuels commis sur des enfants</em></strong> ». Le rapport indique également que le développement des technologies d’Intelligences Artificielles tend également à aggraver la situation à travers notamment « <strong><em>le partage de fichiers en pair à pair et le clonage de voix </em></strong>» qui viennent encore plus exacerber et renforcer les méthodes déjà existantes d’exploitation sexuelle des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans le deuxième volet de ce dossier, nous verrons comment les textes internationaux, régionaux et nationaux tentent d&rsquo;apporter une réponse juridique à ce fléau sur le continent africain.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marthe Carmelle OKOUMASSOUN </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Acte de naissance : les réformes qui changent la donne au Niger, au Sénégal et au Togo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2026 16:18:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique et politiques publiques]]></category>
		<category><![CDATA[acte de naissance]]></category>
		<category><![CDATA[DROIT]]></category>
		<category><![CDATA[droit à l'identité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>D’après l’UNICEF, environ 90 millions d’enfants en Afrique ne disposent pas d’acte de naissance. De nombreuses familles africaines continuent encore aujourd’hui de faire face à des obstacles de diverses natures dans l’enregistrement de naissance de leurs enfants. En fonction des pays, ces obstacles concernent notamment des coûts trop élevés, des procédures longue set complexes ou [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph">D’après l’UNICEF, environ 90 millions d’enfants en Afrique ne disposent pas d’acte de naissance. De nombreuses familles africaines continuent encore aujourd’hui de faire face à des obstacles de diverses natures dans l’enregistrement de naissance de leurs enfants. En fonction des pays, ces obstacles concernent notamment des coûts trop élevés, des procédures longue set complexes ou encore le manque d’information sur l’importance de l’enregistrement pour les enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, des milliers d&rsquo;enfants ouest-africains grandissent sans exister aux yeux de l&rsquo;État. Pas de nom sur un registre, pas de date de naissance officielle, pas de nationalité prouvée sur papier. Face à ce constat, plusieurs pays de la sous-région ont engagé ces dernières années des réformes pour faciliter l&rsquo;enregistrement des naissances. Où en est-on, concrètement, au Niger, au Sénégal et au Togo ?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" width="275" height="183"  alt="" class="wp-image-402"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/telechargement-98.jpg"></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Niger : rapprocher l&rsquo;état civil des familles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Niger, depuis 2019, fait de l’enregistrement des naissances une priorité nationale à travers plusieurs actions&nbsp;:</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des campagnes de sensibilisation</h3>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreuses campagnes de sensibilisation ont été menées au Niger ces dernières années pour sensibiliser les familles et les populations locales ; en particulier celles vivant dans les zones reculées sur l’importance de l’acte de naissance. Ces campagnes se mènent avec la participation essentielle des autorités coutumières et religieuses. Celles-ci acheminent parfois les documents nécessaires aux niveaux des centres de déclaration situés dans les grandes villes pour l’établissement des actes de naissance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La campagne «&nbsp;Hakin Yara&nbsp;»</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Niger, à l’instar de plusieurs autres pays de la sous-région est pleinement engagé dans la facilitation de la déclaration de naissance. En Juin 2024, appuyé par l’Union européenne et l’UNICEF, le pays a lancé la campagne nationale « Hakin Yara » qui a pour but d’enregistrer les naissances de plus d’un million d’enfants de moins de 05 ans avant fin 2024. Cette campagne a notamment touché 8500 villages et 1 249 500 personnes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La gratuité des déclarations</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration de naissance au Niger est gratuite dans les 60 jours qui suivent la naissance de l’enfant, qu’elle ait eut lieu à l’hôpital ou à la maison. Après cela, <strong>« <em>la procédure devient longue et coûteuse. Elle peut coûter jusqu’à 10 000 francs CFA ouest-africains (équivalent à 16 dollars US)</em>&nbsp;»,</strong> indique le<a href="https://www.nrc.no/perspectives/2024/no-birth-certificate-means-no-secondary-school-in-niger">Norwegian Refugee Council</a>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le projet Wuri</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Projet d’Identification Unique pour l’Intégration Régionale et l’Inclusion en Afrique de l’Ouest (WURI-Niger), financé par la Banque mondiale, soutient une réforme structurelle de l’état civil. Il a pu ainsi permettre la mise en place de guichets uniques de l’état civil et de l’identification des personnes dans plusieurs villes du pays et la numérisation de 244&nbsp;310 actes de naissance</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dehors de ces réformes phares, de nombreuses actions sont également mises en place sur le terrain pour faciliter aux famille l’obtention de l’acte de naissance et permettre à chaque enfant nigérien de bénéficier dès la naissance du droit à l’identité.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="789"  alt="" class="wp-image-403"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n-1024x789.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n-1024x789.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n-300x231.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n-768x592.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n-1536x1184.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n-1320x1017.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/484864186_122152828928558118_5305804251252310211_n.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Sénégal : une procédure judiciaire mieux organisée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sénégal illustre parfaitement une certaine ambivalence de la situation&nbsp;: en dépit des nombreuses réformes solides mises en place et d’un cadre juridique assez bien organisé, environ «&nbsp;<strong><em>8,9% des enfants de moins de 5 ans ne disposent pas d’acte de naissance</em></strong>&nbsp;» selon Matar Ndao, Directeur général de l&rsquo;Agence nationale de l&rsquo;État civil (ANEC). Le Sénégal a lancé une série de réformes ambitieuses depuis 2025 pour moderniser son système d&rsquo;état civil et garantir l&rsquo;accès universel à l&rsquo;acte de naissance. Voici les principales réformes documentées :</p>



<h3 class="wp-block-heading">La réforme ministérielle de Mars 2025</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, face à un état des lieux alarmant, le gouvernement d’Ousmane SONKO prend des mesures à la fois drastiques mais salutaires&nbsp;au nombre desquelles celles-ci:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La gratuité des déclarations</strong>, qui vient supprimer les barrières financières pour les familles vulnérables,</li>



<li><strong>La digitalisation intégrale</strong> avec une interconnexion des services de l&rsquo;état civil, de la justice, de la santé et de l&rsquo;éducation.</li>



<li><strong>Le plan de régularisation 2025-2026</strong> à l’endroit des citoyens sans état civil, en particulier les enfants scolarisés ;</li>



<li><strong>La détection précoce des élèves sans actes de naissance,</strong> notamment dès leur admission dans les daaras ou à l’école ;</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Les 13 mesures prises visent essentiellement à contribuer à assurer un accès universel à l’état civil au Niger.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La mise en place du projet NEKKAL</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Lancé en Juin 2019, le projet d’appui au renforcement du système d’information de l’Etat Civil et à la consolidation d’un fichier national d’identité biométrique au Sénégal devenu plus tard «&nbsp;Projet NEKKAL&nbsp;» porte de nombreux objectifs. Il s’agit principalement pour le Sénégal avec l’appui des partenaires techniques et financiers comme l’Union Européenne, de moderniser l’état civil dans le pays en appuyant notamment la consolidation d’un fichier national d’identité biométrique relié au système d’information de l’état civil informatisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de la première phase dudit projet en Juin 2026, de nombreuses avancées ont pu être notées&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>20 millions d’actes ont été numérisés,</li>



<li>La dématérialisation de l’extrait de naissance</li>



<li>La création d’une application mobile permettant aux familles de demander directement leurs pièces d’état civil</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">La déclaration numérique depuis les formations sanitaires</h3>



<p class="wp-block-paragraph">A l’instar du <a href="https://sentinelle-enfance.com/le-droit-a-lidentite-de-lenfant-en-republique-du-benin-ce-quil-faut-savoir/">Bénin</a> à travers le projet WURI, le Sénégal permet désormais aux parents d’effectuer la déclaration de naissance de leur enfant dès l’accouchement au sein même de la structure sanitaire où l’enfant est né. Cette mesure s’accompagne de la signature électronique pour sécuriser les actes de naissance, et de l’utilisation du registre National de l’état civil pour toutes les municipalités du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces diverses initiatives ont été grandement soutenues par la société civile à travers des organisations locales comme Abgo qui mènent également d’autres actions complémentaires sur le terrain</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="1024" height="682"  alt="" class="wp-image-404"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/689c2282-44ec-4cb5-aa9b-aa15bf66d000-1024x682.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/689c2282-44ec-4cb5-aa9b-aa15bf66d000-1024x682.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/689c2282-44ec-4cb5-aa9b-aa15bf66d000-300x200.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/689c2282-44ec-4cb5-aa9b-aa15bf66d000-768x511.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/689c2282-44ec-4cb5-aa9b-aa15bf66d000.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le Togo&nbsp;: gratuité et simplification du processus</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2022, l’UNICEF estimait que «&nbsp;<strong><em>22% des enfants ne disposaient pas d’un acte de naissance au Togo</em></strong>». Ce pourcentage pouvait s’étendre à 31% dans les zones rurales. Néanmoins, à l’instar de ses pays voisins, le Togo s’est depuis quelques années engagé pleinement à faire du droit à l’identité une priorité pour chaque togolais et en particulier les enfants. Cet engagement s’illustre à travers de nombreuses réformes mises en place pour faciliter aux famille l’acquisition du précieux sésame.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La gratuité de la procédure</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis janvier 2022, obtenir un acte de naissance pour un nouveau-né dont la déclaration s’est effectuée dans le délai légal de 45 jours après la naissance. La décision a été consacrée àar le décret n° 2021-134/PR du 14 décembre 2021. Dans la pratique, cette décision induit que e gouvernement «&nbsp;rembourse à chaque commune le coût de délivrance des actes&nbsp;(…) sur la base d’états trimestriels vérifiés par les préfets&nbsp;», précise <a href="https://www.republiquetogolaise.com/social/1802-6591-gratuite-des-actes-de-naissance-mode-operatoire">l’arrêté interministériel</a> n° 0025/MATDDT/MEF du 14 février 2022.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si cette mesure est à saluer, ses résultats sur le terrain restent encore limités. Les familles peinent encore à respecter le délai de déclaration en raison soit de la longue distance entre les centres de déclaration et leur habitation ou encore de la méconnaissance de l’importance de l’acte de naissance pour l’enfant. &nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">La dématérialisation du processus</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Togo a également modernisé son système d’état civil à travers la digitalisation. Le pays a notamment lancé en décembre 2025 une plateforme numérique dédiée aux actes d’état civil. Cette avancée permet désormais aux citoyens de faire leur demande en ligne. Cette réforme devrait rendre plus accessible l’acquisition de l’acte de naissance et surtout simplifier les démarches administratives notamment pour les familles éloignées des centres urbains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La phase expérimentale a concerné 05 communes et devrait selon les autorités ouvrir la voie à une généralisation progressive du service à l’ensemble des communes du Togo.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un cadre juridique plus précis pour le jugement supplétif.</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit sans doute de l’une des réformes juridiques &nbsp;<a href="https://service-public.gouv.tg/service/62197bd433c0179346497d32/papiers-citoyennete/jugement-civil-sur-requete-tenant-lieu-dacte-de-naissance"></a>les plus solides au Togo dans le cadre du droit à l’identité. Le jugement supplétif tenant lieu d’acte de naissance peut désormais être obtenu auprès de <a href="https://service-public.gouv.tg/service/62197bd433c0179346497d32/papiers-citoyennete/jugement-civil-sur-requete-tenant-lieu-dacte-de-naissance">l’état civil central</a> de la capitale togolaise. Le jugement supplétif sur requête permet de régulariser la situation des enfants non déclarés et de leur garantir l’accès aux droits fondamentaux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des campagnes nationales de délivrances de jugements supplétifs</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, le Togo a lancé une campagne tenue en novembre dans 25 communes à travers le Pays. Cette première campagne cible 5000 élèves au CM2 avec un dispositif combinant à la suite sensibilisation-audiences foraines et transcription des jugements dans les registres d’état civil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une <a href="https://www.francophonie.org/togo-campagne-rattrapage-7400-personnes-obtiennent-un-acte-de-naissance-8624">deuxième campagne</a> tenue entre juillet et août 2026 et initiée par l’Organisation Internationale de la Francophonie OIF a permis à 7400 personnes, en majorité des élèves dans 25 communes de bénéficier d’un document d’identité. Cette deuxième campagne s’inscrit dans le cadre du projet «&nbsp;Etat civil&nbsp;» mis en œuvre par l’OIF avec pour but d’accompagner le gouvernement togolais dans la modernisation du système national d’état civil.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les initiatives communales&nbsp;: l’exemple de la commune du Golfe 1</h3>



<p class="wp-block-paragraph">De manières autonomes, certaines communes togolaises s’engagent également à faire du droit à l’identité une réalité pour les enfants togolais. Ainsi, la commune du Golfe 1 située dans la région maritime du Togo a lancé une audience foraine consistant à faire enregistrer les personnes ne disposant pas d’actes de naissance avec une priorité portée sur les élèves au CM2. Il s’agit ensuite de leur délivrer gratuitement des jugements supplétifs afin de leur permettre de pouvoir participer aux examens nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreuses autres initiatives portées par des ONG ou autres creusets sociaux à l’instar du projet «&nbsp;un enfant, une pièce de naissance&nbsp;», le projet «&nbsp;un rêve devenu réalité&nbsp;» permettent à des dizaines d’enfants dans des zones ciblées de bénéficier gratuitement d’acte de naissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le succès de ces diverses réformes repose en partie sur la mobilisation communautaire autour de la question du droit à l’identité. Ainsi, les autorités traditionnelles, les leaders religieux, les enseignants, les parents et autres ont pu à divers niveaux représenter des relais auprès des familles et des enfants pour accompagner le gouvernement dans ses efforts de promotion de l’accès universel aux actes de naissance au Togo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de leur différences culturelles, structurelles ou autres, le Niger, le Sénégal et le Togo partagent une même logique&nbsp;: rapprocher l’état civil des familles et faire du droit à l’identité une réalité pour les enfants. Gratuité, mobilité des services, dématérialisations, campagnes de sensibilisation et de rattrapage… Les mesures se ressemblent. Toutefois, leur mise en œuvre reste inégale selon les pays, les réalités sociales et surtout du contexte sécuritaire mais aussi des moyens alloués.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si ces réformes marquent une avancée claire et notable, l’enregistrement universel reste encore très loin pour chacun de ces pays. Le défi reste le même partout en Afrique de l’Ouest&nbsp;: faire des expériences pilotes de véritables politiques durables financées et étendues à l’ensemble du territoire pour permettre qu’aucun enfant ne grandisse en étant invisible dans son propre pays par défaut d’existence légale.</p>
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		<title>Écrans et enfants : quel impact sur leur bien-être psychologique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 16:31:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Numérique et enfance]]></category>
		<category><![CDATA[écrans]]></category>
		<category><![CDATA[ENFANT]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les écrans occupent désormais, une place sans précédent dans nos quotidiens. Ils s’invitent à table pendant un dîner en famille, dans notre intimité pendant un moment pourtant privilégié entre deux adultes ou encore au cours de nos moments de détente avec les enfants. Désormais, quel que soit leur âge, les enfants sont constamment exposés aux [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Les écrans occupent désormais, une place sans précédent dans nos quotidiens. Ils s’invitent à table pendant un dîner en famille, dans notre intimité pendant un moment pourtant privilégié entre deux adultes ou encore au cours de nos moments de détente avec les enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désormais, quel que soit leur âge, les enfants sont constamment exposés aux écrans. Qu’il s’agisse d’un moment de jeu, ou encore pour suivre une émission, un film jeunesse ou encore pour un dessin animé, l’omniprésence des écrans dans le quotidien des enfants en Afrique n’est plus à ignorer. Entre les temps d’expositions qui deviennent de plus en plus longs et les nombreuses répercussions sur le sommeil ou l’anxiété, l’impact des écrans sur la santé des enfants devient de plus en plus un sujet d’inquiétude.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="731" height="1024"  alt="" class="wp-image-394"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-ab-pixels-ng-33890090-731x1024.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-ab-pixels-ng-33890090-731x1024.jpg 731w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-ab-pixels-ng-33890090-214x300.jpg 214w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-ab-pixels-ng-33890090-768x1075.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-ab-pixels-ng-33890090-1097x1536.jpg 1097w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-ab-pixels-ng-33890090-1463x2048.jpg 1463w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-ab-pixels-ng-33890090-1320x1848.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-ab-pixels-ng-33890090-scaled.jpg 1829w" sizes="auto, (max-width: 731px) 100vw, 731px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les écrans, présents partout et à tous les âges</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Difficile aujourd&rsquo;hui d&rsquo;imaginer un foyer sans télévision, sans smartphone, sans tablette. Ce qui n&rsquo;était, il y a une dizaine d&rsquo;années encore, qu&rsquo;un loisir occasionnel est depuis, devenu une composante presque banale de l&rsquo;enfance. Un bébé de quelques mois qui patiente sur les genoux d&rsquo;un adulte, un enfant qui attend son repas, un adolescent qui décompresse après les cours : à chaque étape de la journée, il y a toujours un écran, disponible, à portée de main.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cette exposition ne se limite plus à un moment choisi et délimité. Elle s&rsquo;infiltre dans chaque moment du quotidien, dans la voiture, dans le hall d’une salle d&rsquo;attente, dans la cour de récréation d’une école où plusieurs enfants se regroupent autour d’un même téléphone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Africascope Kids 2025, une étude de référence pour la mesure d’audience télévisuelle auprès des enfants en Afrique subsaharienne indique qu’en 2025, «&nbsp;<strong><em>Les chaînes jeunesse concentrent 58% du temps d’écoute, une proportion qui atteint 67% au Sénégal et en Côte d’Ivoire, et 66% au Cameroun </em></strong>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Bénin comme dans la plupart des pays africains, les données chiffrées précises et récentes sur l&rsquo;exposition des enfants aux écrans restent rares. Mais la réalité reste tout de même visible sur le terrain&nbsp;; des smartphones partagés, des tablettes offertes aux enfants de plus en plus jeunes, beaucoup de temps de récréation numérique entre deux activités… Tout ceci suggère une tendance quasi mondiale, portée par la démocratisation rapide des écrans. Mais ce constat pose une question essentielle&nbsp;: Quel est l’effet de cette omniprésence sur le développement psychologique de l’enfant&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ecrans et développement psychologique de l’enfant&nbsp;: ce que dit la science</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les écrans, télévision, smartphones, tablettes… ont sur le bien-être et le développement des enfants de nombreux impacts par toujours remarquables.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le sommeil et l’attention</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Utilisés en soirée, les écrans ont tendance à retarder l’endormissement et réduisent la qualité du sommeil, notamment à cause de la lumière bleue et de la stimulation qu&rsquo;ils provoquent. Or, le sommeil pour les enfants représente un élément essentiel de développement. Il s’agit en effet du socle sur lequel repose l&rsquo;attention, la régulation émotionnelle et les apprentissages du lendemain. Un enfant qui dort mal devient plus irritable, moins concentré à l&rsquo;école, plus vulnérable au stress.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le langage et le développement cognitif chez le tout-petit.</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Chez les moins de 3 ans en particulier, un temps d&rsquo;écran important est associé à des retards dans le développement du langage. La raison est simple : un écran, même éducatif, ne remplace ni l&rsquo;échange verbal, ni le regard, ni la réponse ajustée d&rsquo;un adulte&nbsp;; tout cela étant des ingrédients essentiels de l&rsquo;acquisition du langage chez le jeune enfant. Tout ceci est confirmé par le Pr Edouard Gentaz<br>Professeur de psychologie du développement à l’Université de Genève et<br>Directeur de recherche au CNRS qui soutien qu’<strong> «&nbsp;<em>au niveau du développement du langage, une exposition plus importante aux écrans impacte négativement le développement du langage du jeune enfant, et ce, de manière d’autant plus importante qu’elle a lieu précocement</em></strong>.&nbsp;»</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les relations sociales et le jeu libre</h3>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Le temps passé devant un écran est, mécaniquement, du temps non consacré au jeu libre, aux interactions avec les pairs, à l&rsquo;ennui créatif qui pousse un enfant à inventer. Or ce sont précisément ces expériences qui construisent la régulation émotionnelle, la négociation sociale et la créativité.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="683" height="1024"  alt="" class="wp-image-395"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-cottonbro-6684183-683x1024.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-cottonbro-6684183-683x1024.jpg 683w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-cottonbro-6684183-200x300.jpg 200w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-cottonbro-6684183-768x1152.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-cottonbro-6684183-1024x1536.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-cottonbro-6684183-1365x2048.jpg 1365w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-cottonbro-6684183-1320x1980.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-cottonbro-6684183-scaled.jpg 1707w" sizes="auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;estime de soi et la santé mentale des adolescents</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est sur cette tranche d&rsquo;âge que les inquiétudes sont les plus vives, en particulier autour des réseaux sociaux. La comparaison sociale permanente, la recherche de validation par les likes, l&rsquo;exposition à des contenus anxiogènes sont de plus en plus associées, dans la littérature scientifique, à une hausse des symptômes anxieux et dépressifs chez les adolescents grands utilisateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De ces répercussions, on peut déduire qu’en réalité ce ne sont pas les écrans qui posent un problème mais plutôt leur utilisation excessive, souvent non encadrée. Ce qui tend lentement à faire remplacer les besoins fondamentaux au développement (sommeil, mouvement, lien humain) par l’exposition aux écrans.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Marthe Carmelle OKOUMASSOUN</strong></p>
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		<title>Le jeu : quelle importance dans le développement de l’enfant ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 10:28:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture et loisirs]]></category>
		<category><![CDATA[développement]]></category>
		<category><![CDATA[DROIT]]></category>
		<category><![CDATA[ENFANT]]></category>
		<category><![CDATA[Jeu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Courir dans la cour, assembler des éléments, empiler des cailloux ou encore inventer une histoire avec seulement trois bouts de bois… Ce sont là quelques habitudes anodines du quotidien des enfants, mais qui, en réalité, représentent des moteurs puissants de développement de l’enfant. Le jeu est certainement le droit de l’enfant le moins cité, et [&#8230;]</p>
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<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Courir dans la cour, assembler des éléments, empiler des cailloux ou encore inventer une histoire avec seulement trois bouts de bois… Ce sont là quelques habitudes anodines du quotidien des enfants, mais qui, en réalité, représentent des moteurs puissants de développement de l’enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeu est certainement le droit de l’enfant le moins cité, et pourtant, il est bien réel et même reconnu par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant CIDE en son article 31 et comme un droit fondamental de l’enfant par l’article 18-h du Code de l’enfant en République du Bénin. Le même droit est reconnu à l’enfant à travers l’article 12 de la Charte africaine des droits et du bienêtre de l’enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les sociétés africaines, notamment dans les milieux populaires et ruraux, le jeu pour l’enfant est parfois perçu comme secondaire, face aux choses ‘<strong>’sérieuses’’</strong>. L’aide aux tâches domestiques, aux travaux champêtres ou encore l’apprentissage des métiers manuels prime souvent sur le jeu pour les enfants. Un enfant qui joue ‘<strong>’trop’’</strong> est souvent perçu comme «&nbsp;<strong>paresseux</strong>&nbsp;». Pourtant, le jeu a une importance capitale dans le développement de l’enfant.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="724" height="1024"  alt="" class="wp-image-386"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-724x1024.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-724x1024.jpg 724w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-212x300.jpg 212w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-768x1087.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-1086x1536.jpg 1086w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-1448x2048.jpg 1448w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-1320x1868.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-victor-chijioke-350220031-27021683-scaled.jpg 1809w" sizes="auto, (max-width: 724px) 100vw, 724px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le jeu&nbsp;: un outil de développement moteur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit sans doute de la dimension du jeu la plus visible, tout en étant la plus négligée ou reléguée au simple rang de «&nbsp;dépense d’énergie&nbsp;». Pourtant, courir, sauter, grimper et autres gestes physiques faits par l’enfant au cours du jeu va permettre de développer sa motricité globale et surtout son équilibre à plusieurs niveaux&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’équilibre et la posture</strong> à travers les mouvements répétitifs qui sollicitent tout le corps</li>



<li><strong>La coordination</strong> entre les différentes parties du corps</li>



<li><strong>La force musculaire et l’endurance</strong> construites de manière progressive sans effort et sans un quelconque sentiment de contrainte</li>



<li><strong>La conscience spatiale</strong> qui lui permet de situer son corps par rapport aux objets et aux autres.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, le jeu sera également pour lui le moyen de façonner sa motricité fine à travers notamment des gestes simples comme le fait d’empiler des objets ou de manipuler un élément.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le jeu&nbsp;: un laboratoire pour l’esprit de l’enfant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeu représente le premier moyen par lequel l’enfant va apprendre, découvrir le monde et acquérir la maîtrise de certains éléments de son environnement. Généralement, un enfant va lui-même choisir le type de jeu qu’il préfère. Cette liberté lui permet de vivre à la fois une expérience sans contrainte tout en laissant libre court à son imagination. De plus, en choisissant un jeu qui correspond à son rythme de développement, l’enfant ne se retrouvera pas en situation d’échec. Ceci, renforce sa confiance en lui en le faisant se sentir compétent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un enfant, jouer à faire semblant par exemple, en incarnant un vendeur, un parent ou un enseignant représente une manière de représenter le monde, anticiper sur ce qui pourrait arriver et surtout, organiser sa pensée. Il en est de même pour les jeux de construction ou d’assemblage qui, eux, participent en plus à développer la logique et la compréhension de l’enfant, tout en l’aidant à construire les bases de son raisonnement.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="683" height="1024"  alt="" class="wp-image-388"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-683x1024.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-683x1024.jpg 683w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-200x300.jpg 200w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-768x1152.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-1024x1536.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-1365x2048.jpg 1365w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-1320x1980.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-workman-27670745-scaled.jpg 1707w" sizes="auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le jeu&nbsp;: une école des interactions sociales pour l’enfant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeu est certainement le tout premier espace d’apprentissage social de l’enfant. C’est là qu’il expérimente notamment la notion du «&nbsp;vivre ensemble&nbsp;» à travers de nombreux apprentissages&nbsp;:</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les règles du «&nbsp;nous&nbsp;»</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La dimension culturelle du jeu chez l’enfant en Afrique renvoie à la réalité du quotidien et aux règles du vivre ensemble qui régissent bien la société africaine. <em><u><a href="https://www.persee.fr/doc/enfan_0013-7545_1980_num_33_4_3333">L’univers ludique de l’enfant africain</a></u></em> précise que «&nbsp;<strong><em>l’enfant africain joue rarement seul. C’est souvent par groupes qu’on retrouve les petits garçons et les petites filles dans les concessions et dans les rues</em></strong>&nbsp;». En effet, le jeu passe généralement de l’individuel au collectif entre 3 et 4 ans. Ce qui confronte l’enfant à des exigences nouvelles&nbsp;: le partage, l’attente, la négociation, et l’acceptation d’un refus.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’empathie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeu collectif amène l’enfant à se décentrer, en incarnant un personnage, en ajustant son comportement des en fonction des réactions de ses congénères ou encore en imaginant ce que peut ressentir un autre joueur. De cette manière, il apprend à comprendre ce que pense l’autre, il voit et ressent les choses différemment. &nbsp;Un enfant qui joue avec d’autres enfants, pourra plus facilement développer ces capacités qu’un enfant isolé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La gestion de conflits</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Même si les disputes de jeu sont souvent perçues comme ‘’des perturbations’’, elles sont pourtant nécessaires au développement de l’enfant. En effet, c’est au cours de ces petits conflits du quotidien que l’enfant apprend à&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Exprimer son désaccord ;</li>



<li>Ecouter d’autres points de vue,</li>



<li>Trouver des compromis ;</li>



<li>Se réconcilier et continuer de jouer ensemble.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Il s’agit là de capacités qui se renforcent avec l’âge et qui accompagnent l’enfant tout au long de sa vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le jeu&nbsp;: une manière de gérer les émotions</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les émotions font partie intégrante de la vie d’un être humain. Pour un enfant, ils sont d’autant plus difficiles à gérer qu’il les découvre et ne sait pas forcément comment les nommer. Jouer représente un moyen à la fois concret et efficace d’explorer ses sentiments et les comprendre. D’ailleurs, pour les enfants moins expressifs verbalement le jeu peut représenter un excellent outil d’expression. Le jeu aide l’enfant à mieux appréhender les interactions avec les autres en réduisant notamment la pression liée à la communication directe. En outre, il lui permet également de développer des capacités en communication indirecte à travers notamment la capacité à parler de lui-même dans un jeu sans se désigner explicitement. Un <a href="https://scielo.org.za/scielo.php?script=sci_arttext&amp;pid=S0256-01002020000500002">article</a> de Taiwo OGOUNYEMI et Élisabeth, intitulé  Henningintitulé <em><u>Understanding the value of play in Africa’s childhood</u></em>”,  indique qu’à travers le jeu, « <strong>les émotions des enfants peuvent être évaluées, surveillées et modérées lorsqu’ils jouent </strong>».  </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" width="683" height="1024"  alt="" class="wp-image-387"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-683x1024.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-683x1024.jpg 683w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-200x300.jpg 200w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-768x1152.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-1024x1536.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-1365x2048.jpg 1365w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-1320x1980.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/pexels-kindelmedia-7863131-scaled.jpg 1707w" sizes="auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le jeu&nbsp;: un indicateur du niveau de développement de l’enfant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeu est fréquemment utilisé lors des consultations pédiatriques ou au cours des évaluations psychomotrices pour observer l’enfant. Il participe notamment à définir un retard dans le développement chez l’enfant.  A travers une <a href="https://unesdoc.unesco.org/in/documentViewer.xhtml?v=2.1.196&amp;id=p::usmarcdef_0000134046&amp;file=/in/rest/annotationSVC/DownloadWatermarkedAttachment/attach_import_56b54248-da89-4326-a2a4-9f0c57508992%3F_%3D134046freo.pdf&amp;locale=fr&amp;multi=true&amp;ark=/ark:/48223/pf0000134046/PDF/134046freo.pdf#%5B%7B%22num%22%3A67%2C%22gen%22%3A0%7D%2C%7B%22name%22%3A%22XYZ%22%7D%2C0%2C841%2Cnull%5D">étude</a> intitulée <em><u>L’Enfant et le jeu: approches théoriques et applications pédagogiques (UNESCO)</u></em>, l’UNESCO indique que « <strong><em>Grâce à l’observation du jeu  de l’enfant, on pourra voir se manifester un trouble du développement affectif, psychomoteur ou intellectuel, on pourra identifier le stade de développement mental auquel l’enfant est parvenu et dont il faudra tenir compte si l’on veut perfectionner les techniques d’apprentissage utilisées, et découvrir les méthodes qui ont le plus de chance de réussite</em></strong> ». Par exemple, un enfant qui, à 6 ans ne parvient pas à suivre une règle du regard, saisir ou imiter un geste simple fournit des indices clairs sur son développement moteur et sensoriel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si le jeu est un droit reconnu à l’enfant africain à travers de nombreuses conventions, il représente également un élément majeur à son développement. Des milliers d’enfants à travers le continent sont très tôt privés de leur droit au jeu pour effectuer des <a href="https://sentinelle-enfance.com/travail-des-enfants-en-republique-du-benin-realites-sur-le-terrain-et-difficultes-dapplication-des-lois/">activités économiques</a>. Néanmoins, le jeu reste une part importante de l’enfance que chaque adulte devrait concéder et même soutenir dans la vie d’un enfant.</p>
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		<title>Le paludisme : où en est-on réellement dans la lutte au Bénin ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marthe Carmelle OKOUMASSOUN]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 06:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé et bien-être]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Paludisme]]></category>
		<category><![CDATA[Protection]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque année, le paludisme, à l’instar de nombreuses maladies endémiques en Afrique de l’Ouest continue de s’inviter dans le quotidien de centaines de familles béninoises. Une fièvre persistante, des nuits sans sommeil, des difficultés à s’alimenter puis la course vers le centre de santé le plus proche où le diagnostic est enfin posé. Ce scénario, [&#8230;]</p>
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<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, le paludisme, à l’instar de nombreuses maladies endémiques en Afrique de l’Ouest continue de s’inviter dans le quotidien de centaines de familles béninoises. Une fièvre persistante, des nuits sans sommeil, des difficultés à s’alimenter puis la course vers le centre de santé le plus proche où le diagnostic est enfin posé. Ce scénario, plusieurs familles d’horizons différents le vivent à travers le pays chaque année. Ceci, malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation, les distributions fréquentes de moustiquaires imprégnées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, ces dernières années, les pays a renforcé sa riposte à travers plusieurs initiatives aussi bien sanitaires qu’économiques. Pourtant, la maladie continue de toucher des centaines d’enfants et de femmes enceintes. En 2026, peut-on encore parler de «&nbsp;<strong>recul</strong>&nbsp;» du paludisme au Bénin&nbsp;? ou le discours officiel est-il encore en déphasage avec la réalité sur le terrain&nbsp;? On fait le point dans cet article.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le paludisme au Bénin&nbsp;: une réalité sanitaire encore difficile</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Bénin, le paludisme reste la première cause de consultation et d’hospitalisation au sein des formations sanitaires. On compte chaque année près de deux millions de cas enregistrés pour environ 2 000 décès, touchant principalement les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les premières personnes à risque pour cette maladie sont les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. D’ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé dans un <a href="https://www.afro.who.int/fr/countries/benin/multimedia/la-communaute-au-coeur-de-la-lutte-contre-le-paludisme-au-benin-0">article</a>, indiquait que «&nbsp;<strong><em>17 % de la population en général et 39 % des enfants de moins de 5 ans</em></strong>&nbsp;» étaient affectés par le paludisme au Bénin en 2024. Le risque est encore plus grand pour les nourrissons et les enfants en bas âge, en raison principalement de la fragilité de leur système immunitaire qui peut très vite rendre mortelle une crise de paludisme prise en charge tardivement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Initiatives sanitaires mises en place</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le paludisme représente l’un des principaux défis de santé publique au Bénin.&nbsp; Face à cette maladie qui, selon le <a href="https://www.severemalaria.org/fr/pays/benin">Severe Malaria Observatory</a> était en 2021 à la base de « <strong><em>40 % des consultations externes et 25 % de l&rsquo;ensemble des hospitalisations</em></strong> », l’État béninois a mis en place de nombreuses initiatives et politiques intérieures pour contrer l’évolution de la maladie à travers notamment le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), créé en 1982 est la structure de référence en charge de la planification, de la coordination et du suivi de la réponse nationale au paludisme. Au Bénin, la politique choisie s’articule autour de trois points essentiels :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La prévention par la lutte antivectorielle intégrée impliquant la pulvérisation intradomiciliaire et les traitements larvaires et spatiaux.</li>



<li>traitement des cas simples par combinaisons à base d’artémisinine, </li>



<li>La prise en charge et le traitement des cas simples par combinaison à base d’artémisinine, incluant également la gratuité ciblée et le diagnostic précoce.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">À travers le PNLP, de nombreux projets ont pu être menés, incluant des actions concrètes pour entraver l’avancée de la maladie au Bénin.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le vaccin RTS, S : une nouvelle arme contre le paludisme</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Reçu en janvier 2024, le vaccin antipaludique RTS, S est destiné aux enfants de moins de deux ans. À partir d’avril 2024, il est administré en quatre doses aux enfants à partir de l’âge de 5 mois. L’intégration de ce vaccin à son Programme élargi de vaccination (PEV) fait du Bénin le quatrième pays, après le Cameroun, la Sierra Leone et le Burkina Faso, à recevoir les doses du vaccin RTS, S. À l’époque, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, estimait que «&nbsp;<strong><em>l&rsquo;introduction du vaccin dans le PEV favorisera l&rsquo;amélioration globale de la santé et du bien-être des femmes, des nouveaux nés, des enfants et des adolescents.</em></strong>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, l’utilisation du vaccin n’élimine pas celle des autres mesures de prévention.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" width="900" height="600"  alt="" class="wp-image-380" style="width:667px;height:auto"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/distribution-moustiquaire.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/distribution-moustiquaire.jpg 900w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/distribution-moustiquaire-300x200.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/distribution-moustiquaire-768x512.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les moustiquaires : une protection encore indispensable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au nombre des mécanismes de riposte les plus fréquents dans la lutte contre le paludisme au Bénin figure la lutte antivectorielle, à travers notamment des campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA). Ce programme, porté par le gouvernement à travers le PNLP, vise à réduire la transmission du paludisme, notamment pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. Toutefois, la campagne cible également les ménages vivant dans les zones fortement exposées au paludisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2020, plus de 8 millions de moustiquaires ont été distribuées gratuitement sur toute l’étendue du territoire national, pour près de 9 millions en 2023. Ces dernières années, l’étape du recensement des ménages avant la grande distribution a été numérisée, rendant désormais le dispositif plus efficient. L’enjeu, désormais, pour les autorités sanitaires béninoises, repose sur la bonne utilisation des moustiquaires distribuées dans les ménages.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La Chimio-prévention du paludisme saisonnier CPS&nbsp;: la mesure préventive pour les enfants</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Selon une <a href="https://docs.bvsalud.org/biblioref/2024/05/1554655/couverture-de-la-chimio-prevention-du-paludisme-saisonnier-che_IgfuE2u.pdf">étude</a> menée en 2023 par l’épidémiologiste DAMIEN Barikissou Georgia intitulée&nbsp; ‘’ <em><u>Couverture de la Chimio-prévention du Paludisme Saisonnier chez les enfants de 3 à 59 mois au Bénin</u><strong> ’’</strong></em>, la CPS est «&nbsp;<strong><em>une intervention pouvant réduire la survenue des cas de paludisme chez les enfants de 03 à 59 mois</em></strong>&nbsp;». Recommandée depuis 2012 par l’OMS, cette stratégie de prévention consiste principalement à administrer un traitement complet par médicament antipaludique à des enfants asymptomatiques pendant la saison de forte transmission, pour éviter qu’ils ne développent la maladie. Au Bénin, la CPS, lancée en 2019, a été mise en œuvre dans des zones ciblées où la transmission du paludisme est à la fois forte et saisonnière, notamment dans les départements de l’Atacora et de l’Alibori. En 2024, la zone de couverture a été étendue à trois départements supplémentaires ; le Borgou, les Collines et la Donga.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Épidémiologiquescacité, une étude intitulée ‘’ <em><u>Coût-efficacité de la chimioprophylaxie du paludisme saisonnier chez les enfants de moins de 5 ans dans le département des Collines au Bénin en 2025</u></em>’’ menée par l’Institut Régional de Santé Publique (IRSP) pour la Revue Africaine des Sciences Sociales et de la Santé Publique indique que «&nbsp;<strong><em>La comparaison des données épidémiologiques entre 2023 (avant CPS) et 2024 (avec CPS) a révélé une réduction de 19,94% des cas totaux de paludisme (71 321 à 57 098 cas), de 26,35% des cas graves (5 006 à 3 687 cas) et de 32,50% des décès (120 à 81 décès)</em></strong>&nbsp;». En résumé, la CPS est reconnue comme un mécanisme efficace et rentable pour protéger les enfants contre le paludisme dans le contexte béninois.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La Pulvérisation Intradomiciliaire PID&nbsp;: la réplique à la résistance</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La PID est un programme de lutte antivectorielle qui consiste à appliquer un insecticide à effet rémanent sur les murs et surfaces intérieures des habitations pour tuer les moustiques adultes qui se posent sur ces surfaces et, ainsi, réduire la durée de vie des vecteurs et la transmission du paludisme. Appliquée une ou deux fois par an dans les habitations ciblées, la PID peut rester efficace jusqu’à six mois après pulvérisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette stratégie apparaît comme une réponse à la résistance des anophèles aux pyréthrinoïdes (insecticides utilisés dans les moustiquaires imprégnées) et est utilisée au Bénin depuis 2007. Toutefois, elle n’est déployée que dans des zones spécifiques répondant aux critères de sélection établis. Il s’agit notamment de huit communes réparties dans les départements de la Donga, de l’Atacora et de l’Alibori. Une <a href="https://dicames.online/jspui/handle/20.500.12177/3074">étude</a> menée dans le département de l’Ouémé a enregistré une « baisse drastique du taux d’inoculation entomologique (TIE) » après la mise en œuvre de la PID.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les campagnes d’assainissement du cadre de vie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la stratégie nationale de lutte contre le paludisme au Bénin, l’assainissement du cadre de vie est défini comme une approche visant principalement à transformer l’environnement pour limiter les gîtes de reproduction des moustiques (eaux stagnantes, flaques d’eau, récipients, etc.) dans le but de réduire la survie et le contact entre l’homme et le vecteur pour, enfin, réduire la transmission du paludisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mesure est un pilier de la lutte antivectorielle intégrée qui correspond bien au contexte béninois où la transmission du paludisme est fortement liée aux saisons des pluies et à la présence de gîtes larvaires dans et autour des habitations. Ces campagnes reposent principalement sur des actions spécifiques :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le nettoyage et la destruction mécanique des gîtes larvaires : désobstruction des caniveaux, curage des drains, remplissage ou assèchement des flaques, destruction des récipients, vieux objets, pneus et autres qui retiennent l’eau.</li>



<li>La sensibilisation et l’éducation à travers les relais communautaires, les agents de santé et les OSC sur la nécessité de supprimer les eaux stagnantes, la bonne gestion des récipients d’eau et l’importance de maintenir l’environnement propre. et l’éducation à travers les relais communautaires, les agents de santé et les OSC.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certaines zones, les équipes sur le terrain accompagnent les ménages dans l’assainissement de leur cadre de vie, en particulier autour des habitations de femmes enceintes et d’enfants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des initiatives plus récentes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si les dispositifs historiques cités plus haut représentent le socle de la riposte béninoise contre le paludisme, l’année 2026 marque un tournant dans la stratégie nationale. À travers les initiatives prises cette année, le Bénin semble vouloir aller au-delà de la seule logique de traitement pour construire une réplique mieux structurée, ciblée et coordonnée face à la menace.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La création de l’Agence Nationale de lutte contre la malaria et les moustiques</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Annoncée en <a href="https://sgg.gouv.bj/cm/2026-02-18/">conseil des ministres</a> le 18 février 2026, la création de l’Agence nationale de lutte contre la malaria et les moustiques intervient dans un contexte où le paludisme demeure endémique au Bénin. Cette agence apparaît, selon le gouvernement, comme « <strong><em>un instrument spécialisé, souple, autonome et réactif, chargé de conduire une lutte coordonnée, innovante et intégrée contre la malaria et les moustiques </em></strong>», avec pour objectif d’aller au-delà d’une approche limitée au traitement des malades pour agir simultanément sur la prévention, la sensibilisation, la démoustication, la lutte antivectorielle, la recherche, la coordination des partenaires et l’appui aux collectivités locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Directement placée sous l’autorité de la Présidence de la République, l’agence aura également pour rôle selon <a href="https://www.speakupafrica.org/fr/benin-sets-a-bold-course-toward-ending-malaria/">SpeakUpAfrica</a> de «&nbsp;<strong><em>renforcer le cadre exécutif, législatif et réglementaire de la lutte antipaludique ; accélérer la mobilisation des ressources domestiques ; approfondir les partenariats public-privé ; et intensifier la lutte antivectorielle grâce à une gestion des moustiques plus intelligente, alignée sur l’approche « Une seule santé » (One Health).</em></strong>&nbsp;»&nbsp; La nouvelle agence vient compléter et renforcer les actions du PNLP en agissant non seulement sur le paludisme, mais également sur les moustiques vecteurs et sur les maladies qu’ils transmettent.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" width="1024" height="576"  alt="" class="wp-image-379" style="width:792px;height:auto"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/TR241110_TOPO_EPANDAGE_MOUSTIQUES_frame_1183873f7e3d-fad6-4a4f-a21e-64327a184325_ORIGINAL-1024x576.jpg" srcset="https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/TR241110_TOPO_EPANDAGE_MOUSTIQUES_frame_1183873f7e3d-fad6-4a4f-a21e-64327a184325_ORIGINAL-1024x576.jpg 1024w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/TR241110_TOPO_EPANDAGE_MOUSTIQUES_frame_1183873f7e3d-fad6-4a4f-a21e-64327a184325_ORIGINAL-300x169.jpg 300w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/TR241110_TOPO_EPANDAGE_MOUSTIQUES_frame_1183873f7e3d-fad6-4a4f-a21e-64327a184325_ORIGINAL-768x432.jpg 768w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/TR241110_TOPO_EPANDAGE_MOUSTIQUES_frame_1183873f7e3d-fad6-4a4f-a21e-64327a184325_ORIGINAL-1536x864.jpg 1536w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/TR241110_TOPO_EPANDAGE_MOUSTIQUES_frame_1183873f7e3d-fad6-4a4f-a21e-64327a184325_ORIGINAL-800x450.jpg 800w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/TR241110_TOPO_EPANDAGE_MOUSTIQUES_frame_1183873f7e3d-fad6-4a4f-a21e-64327a184325_ORIGINAL-1320x743.jpg 1320w, https://sentinelle-enfance.com/wp-content/uploads/2026/08/TR241110_TOPO_EPANDAGE_MOUSTIQUES_frame_1183873f7e3d-fad6-4a4f-a21e-64327a184325_ORIGINAL.jpg 1880w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Le lancement de drones épandeurs de larvicides</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Lancée en Juin 2026 à travers le projet «&nbsp;<strong>Action intégrée pour la prévention du paludisme&nbsp;: partenariat public-privé et engagement local des jeunes au Bénin</strong>&nbsp;», l’utilisation de drones épandeurs de larvicides dans les zones de reproduction des moustiques a pour but de détruire les larves avant leur transformation en moustique adultes capables de transmettre le paludisme. Pour la phase pilote, six communes ont été choisies pour évaluer la technologie dans des contextes variés. Il s’agit notamment des communes de Copargo, Djougou, Tchaourou, Ouidah, Abomey-Calavi et Cotonou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les drones ciblent principalement les habitats des moustiques, notamment les zones d’eau stagnantes et autres sites abritant des larves. D’ailleurs, le Ministre de la Santé Benjamin HOUNKPATIN indiquait à l’occasion du lancement de cette initiative que «&nbsp;<strong><em>Grâce à l’utilisation des drones, il est désormais possible d&rsquo;intervenir avec davantage de précision, de rapidité et d&rsquo;efficacité, même dans les zones difficilement accessibles</em></strong> »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des avancées notables mais encore fragiles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les nombreuses initiatives mises en place au cours de ces nombreuses années témoignent d’une volonté forte du Bénin, à éradiquer définitivement le paludisme. Toutefois, ces diverses stratégies restent encore toutes limitées à divers niveaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Introduit officiellement dans le Programme élargi de vaccination du Bénin en avril 2024, le vaccin antipaludique RTSS a d’abord été déployé progressivement dans 16 zones sanitaires sur 34, auprès d’environ 104 841 enfants âgés de 6 à 18 mois. Son introduction constitue une avancée importante, mais sa couverture reste liée aux zones ciblées, à la disponibilité des doses et au respect d’un schéma de quatre doses. De plus, le vaccin n’offre pas une protection totale et ne remplace ni les moustiquaires imprégnées, ni la chimio-prévention saisonnière, ni le diagnostic et le traitement rapides.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La distribution de MILDA au Bénin a permis d’améliorer fortement la possession de moustiquaires dans les ménages et chez les femmes enceintes. Toutefois, la protection réelle dépend de leur utilisation chaque nuit, de leur bon état physique et du maintien de leur efficacité insecticide. Une <a href="https://www.em-consulte.com/article/1609889/evaluation-de-la-distribution-aux-femmes-enceintes">évaluation</a> menée auprès de femmes enceintes en 2023 a montré que 94% possédaient une MILDA et 93% déclaraient l’utiliser, mais que seules 63% en avaient reçu une lors de la première consultation prénatale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;La chimio-prévention du paludisme saisonnier, dont l&rsquo;efficacité est pourtant démontrée, reste limitée à quelques départements sur 12 laissant de côté des enfants tout aussi exposés ailleurs dans le pays. La pulvérisation intra-domiciliaire, elle, n&rsquo;est déployée que dans huit communes répondant à des critères précis, et fait face à la résistance croissante des moustiques aux insecticides utilisés. Quant aux campagnes d&rsquo;assainissement du cadre de vie, leur portée dépend largement de la mobilisation communautaire, difficile à maintenir dans la durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les initiatives les plus récentes n&rsquo;échappent pas à ce constat. L&rsquo;Agence nationale de lutte contre la malaria et les moustiques n&rsquo;existe que depuis six mois : sa capacité réelle à coordonner l&rsquo;ensemble des acteurs &#8211; PNLP, collectivités locales, partenaires internationaux &#8211; reste à démontrer. La campagne de drones épandeurs de larvicides, elle, n&rsquo;en est qu&rsquo;à sa phase pilote, sur six communes seulement sur les 77 que compte le pays, et intégralement financée par un partenaire extérieur, le Japon, sans garantie d&rsquo;extension ni de pérennité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de chaque dispositif pris isolément, un défi transversal les traverse tous : une lutte antipaludique béninoise qui reste largement dépendante des financements extérieurs, une dépendance que les autorités elles-mêmes reconnaissent comme un risque, dans un contexte mondial de resserrement de l&rsquo;aide internationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Alors où en est réellement le Bénin dans la lute contre le paludisme en 2026&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Même si les chiffres témoignent d’un recul certain, le Bénin n’a ni gagné ni perdu la lutte contre le paludisme. En dépit de l’incidence et de la mortalité due à la maladie en baisse, du budget national multiplié par quatre en cinq ans de lutte, la vaccination intégrée désormais au calendrier vaccinal des enfants, et des nombreuses autres actions et initiatives toutes aussi porteuses de promesses, le paludisme reste encore en 2026 la première cause de consultation, d’hospitalisation et de mortalité évitable chez les moins de cinq ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A travers les initiatives récentes, on note un changement d’ambition du pays qui désormais, veut aller au-delà du traitement des malades pour plutôt anticiper et cibler la transmission avant qu’elle ne survienne. Seulement, ces outils sont encore trop récents pour être réellement évalués. Et entre le discours et l’ambitions officiels qui affichent un objectif d’élimination d’ici 2030 et la réalité vécue dans les ménages à chaque saison de pluies, l’écart est encore très présent, quoique resserré. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>O. Marthe Carmelle OKOUMASSOUN </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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